Révolution quantique : comment l’Europe tente de rattraper son retard face à la Chine et aux États-Unis
La course à l’ordinateur quantique entre superpuissances technologiques a atteint un point de non-retour en 2025. La Chine, via le laboratoire Hefei National, a dévoilé un processeur quantique de 1 125 qubits, surpassant le record américain d’IBM (1 121 qubits). L’Europe, malgré des investissements de 8,4 milliards d’euros depuis 2020, accuse un retard critique dans cette technologie clé pour la cryptographie, la médecine et l’intelligence artificielle.
Le Quantum Flagship européen, lancé en 2018, peine à concrétiser ses ambitions. Seuls 3 prototypes opérationnels ont été produits, contre 17 aux États-Unis. « Nous manquons de spécialistes et d’infrastructures de test », déplore Tommaso Calarco, directeur de l’Institut allemand de recherche quantique. La fuite des cerveaux vers la Silicon Valley aggrave la situation : 40 % des diplômés en physique quantique européenne partent travailler à l’étranger.
Les applications militaires inquiètent. Un rapport de l’OTAN alerte sur les risques de cyberattaques quantiques contre les systèmes bancaires et énergétiques. La Russie et la Corée du Nord testeraient déjà des algorithmes capables de cracker le chiffrement RSA-2048 en quelques secondes. En réponse, la France a lancé le projet QUANTUM-SHIELD, un réseau de communication inviolable entre Paris, Berlin et Varsovie.

Les espoirs reposent sur des innovations disruptives. La start-up Pasqal, basée à Paris, développe des ordinateurs quantiques à atomes neutres, une technologie moins coûteuse et plus stable que les supraconducteurs. Leur prototype, opérationnel en 2026, pourrait calculer 100 000 fois plus vite que les supercalculateurs classiques pour la modélisation moléculaire.
