Marché de l'Art 2026 : La fin de l'opacité fiscale sur les dons manuels en France
La révolution de la télédéclaration obligatoire
C'est la fin d'un secret de polichinelle. Depuis le 1er janvier 2026, tout don manuel d'une œuvre d'art — pratique courante pour transmettre des patrimoines sans passer devant notaire — doit être déclaré en ligne à l'administration fiscale sous 30 jours. Bercy a déployé une plateforme dédiée pour tracer ces transferts de propriété, mettant fin à une forme de "zone grise" qui permettait d'échapper aux droits de mutation pendant des décennies.
L'impact sur les collectionneurs et le marché de l'art
Pour le marché de l'art français, le coup est rude. Les galeries et les maisons de vente craignent que cette mesure ne paralyse les transactions privées et n'encourage l'exil des chefs-d'œuvre vers des ports francs à l'étranger. Les collectionneurs dénoncent une intrusion dans la vie privée et une complexité administrative supplémentaire. Cependant, l'État justifie cette mesure par la nécessité de lutter contre le blanchiment d'argent, l'art étant souvent utilisé comme véhicule pour recycler des capitaux illicites.

Un contrôle renforcé sur la "valeur verte" des patrimoines
Au-delà de la fiscalité, cette déclaration permet à l'État de constituer un inventaire national du patrimoine privé. À terme, Bercy pourrait lier la fiscalité de l'art à des critères d'utilité publique (prêts à des musées, restauration). En 2026, posséder de l'art n'est plus seulement une passion ou un placement, c'est une responsabilité civile étroitement surveillée par l'administration numérique.
