Le Grand Rideau de Fer Numérique : WhatsApp officiellement banni en Russie au profit de "MAX"
MOSCOU – Le signal a été coupé à minuit. Ce 14 février 2026, l'application de messagerie la plus populaire de Russie, WhatsApp, a cessé de fonctionner sur l'ensemble du territoire de la Fédération. Cette décision du Kremlin, bien que redoutée depuis des mois, marque une rupture technologique majeure. À la place, le gouvernement russe impose "MAX", une plateforme nationale présentée comme l'alternative "éthique et souveraine", mais que les experts en cybersécurité qualifient déjà d'outil de surveillance ultime.
La chute du dernier bastion de Meta
Après Facebook et Instagram, WhatsApp était le dernier service du groupe Meta à résister. Pour Moscou, le refus de l'entreprise américaine de fournir les clés de chiffrement et de stocker les données localement constituait une "menace directe pour la sécurité de l'État". Cependant, pour les millions de Russes qui utilisaient l'application pour rester en contact avec leurs proches à l'étranger, c'est un lien vital qui se brise.

"MAX" : Innovation ou Panoptique numérique ?
L'application MAX, lancée avec grand renfort de publicité, n'est pas qu'une simple messagerie. Elle intègre les services administratifs, les paiements bancaires et un identifiant numérique obligatoire. "C'est le modèle WeChat appliqué à la Russie", analyse pour OMONDO.INFO un expert de l'Electronic Frontier Foundation. Si le gouvernement promet une protection accrue contre le piratage étranger, la réalité est celle d'un Internet clos, où chaque échange est traçable. L'opposition, déjà fragilisée, se voit privée d'un canal de coordination crypté, forçant les plus technophiles à une course permanente aux VPN de nouvelle génération, eux aussi traqués.
