Accéder au contenu principal

Le Cameroun classé « pays sûr » par Trump malgré de graves violations des droits humains

Le Cameroun classé « pays sûr » par Trump malgré de graves violations des droits humains

Introduction

Immigration, droits humains, contradictions diplomatiques : la politique américaine sous Trump soulève l’indignation.
Alors que l’administration Trump multiplie les mesures de restriction et d’expulsion visant les ressortissants africains, le Cameroun se retrouve paradoxalement classé parmi les « pays sûrs » par Washington. Cette décision, qui pourrait ouvrir la voie à l’expulsion de milliers de Camerounais vivant aux États-Unis, choque les ONG et les défenseurs des droits humains, qui dénoncent une situation sécuritaire et humanitaire catastrophique dans le pays.

Cameroun sur la « liste jaune » américaine : un sursis sous conditions

En mars 2025, une note interne du Département d’État américain a révélé la création de trois listes de pays selon leur niveau de risque pour l’immigration aux États-Unis. Si le Cameroun échappe à la « liste rouge » (interdiction totale de voyage) et à la « liste orange » (restrictions sévères), il figure sur la « liste jaune » : un statut qui lui accorde un délai de soixante jours pour se conformer à des exigences américaines strictes, sous peine d’être reclassé en catégorie supérieure. Parmi ces exigences, une coopération accrue sur le partage d’informations et la délivrance de passeports.

Des expulsions massives en perspective

L’administration Trump, fidèle à sa ligne dure, annonce vouloir « arrêter immédiatement toutes les entrées illégales » et « renvoyer des millions d’étrangers criminels » dans leur pays d’origine. Près de 8 000 Camerounais pourraient ainsi être concernés par des procédures d’expulsion accélérées, alors que la communauté camerounaise aux États-Unis vit dans l’incertitude et la peur.

Un « pays sûr » ? La réalité du terrain

Le classement du Cameroun comme « pays sûr » par l’administration Trump est en totale contradiction avec la réalité documentée par les ONG internationales. Selon Amnesty International et Human Rights Watch, la situation sécuritaire et humanitaire au Cameroun est alarmante :

  • Dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, l’armée camerounaise et des groupes séparatistes armés commettent des homicides illégaux, des violences sexuelles, des enlèvements et des actes de torture.
  • Les défenseurs des droits humains, les opposants politiques et les journalistes sont régulièrement victimes d’arrestations arbitraires, de torture et de harcèlement.
  • Plus de 630 000 personnes sont déplacées à l’intérieur du pays à cause de la violence armée, et des centaines de milliers d’autres subissent une crise humanitaire aggravée par les inondations et les épidémies.

Répression politique et atteintes à la liberté d’expression

À l’approche des élections présidentielles de 2025, le gouvernement camerounais intensifie la répression contre les opposants et les défenseurs des droits humains. Suspension d’ONG, interdiction de coalitions d’opposition, menaces contre les médias : la liberté d’expression est gravement menacée, comme l’ont dénoncé Human Rights Watch et Amnesty International.

Indicateurs internationaux : un pays loin d’être pacifique

Selon le Global Peace Index 2024, le Cameroun se classe 137e sur 163 pays, loin derrière les pays africains considérés comme les plus sûrs. Son score (2,773) témoigne d’un niveau de violence et d’instabilité élevé, bien loin de l’image d’un « pays sûr » que tente de promouvoir l’administration américaine.

 

Les enjeux géopolitiques derrière la décision américaine

Pour Washington, le classement du Cameroun parmi les « pays sûrs » répond avant tout à des considérations politiques et migratoires. En mettant la pression sur Yaoundé pour coopérer sur les questions de sécurité et d’immigration, l’administration Trump cherche à renforcer son contrôle des frontières et à afficher une posture de fermeté à l’égard de l’Afrique. Mais cette approche fait fi des réalités du terrain et des alertes répétées des organisations internationales.

Mobilisation des associations et réactions internationales

Face à la menace d’expulsions massives, les associations de défense des migrants et la diaspora camerounaise aux États-Unis se mobilisent. Elles dénoncent une politique cynique, qui met en danger la vie de milliers de personnes. L’Union africaine, le HCR et plusieurs ONG internationales appellent à la suspension des expulsions et à la prise en compte des risques réels encourus par les personnes renvoyées au Cameroun.

Analyse : une politique américaine à contre-courant des droits humains

  • Contradiction flagrante : La politique migratoire américaine sous Trump ignore les rapports accablants sur la situation au Cameroun.
  • Risque humanitaire : Le retour forcé de milliers de personnes dans un pays en crise pourrait aggraver la situation humanitaire et sécuritaire.
  • Enjeux diplomatiques : Yaoundé, sous pression, tente de négocier des délais et des exemptions, mais la marge de manœuvre reste limitée.

 

Pin It

VOUS POUVEZ AUSSI AIMER

La Tour Eiffel fête ses 137 ans – Entre résilience patrimoniale et défi écologique
31 mars 2026
Le 31 mars 1889 - 31 mars 2026 : Un destin d'acier Il y a exactement 137 ans, Gustave Eiffel…
Drame de Fribourg – La Suisse en deuil après l'accident du CarPostal
31 mars 2026
L'hommage national aux victimes de la Gruyère La Suisse s'est figée ce 31 mars 2026. Une…
Incident de drones à la frontière finlandaise – La diplomatie du "sang-froid" entre Helsinki et Kyïv
31 mars 2026
Une nuit de tension sur la ligne de fracture de l'OTAN Ce 31 mars 2026, le ciel de Carélie a été…