Laurent Jacobelli condamné pour outrage et diffamation, relaxé pour injure raciste dans une affaire politique en Moselle
Le 2 septembre 2025, le député du Rassemblement National Laurent Jacobelli a été condamné par le tribunal de Thionville (Moselle) à une amende de 300 euros avec sursis pour des faits d’outrage et de diffamation à l’encontre de son homologue Belkhir Belhaddad, député (ex-Renaissance) du même département. Cette décision fait suite à une audience qui a examiné des propos controversés tenus en marge d’une visite officielle en octobre 2023.
Lors du procès, les propos litigieux portaient notamment sur l’emploi du terme « racaille » par Laurent Jacobelli, une expression qu’il a justifiée comme utilisée couramment dans le langage politique pour désigner un comportement antisocial, niant tout caractère raciste à ses paroles. Le tribunal a finalement relaxé l’élu RN pour l’infraction relative à une injure raciste, qualifiant ces propos comme n’ayant pas cette connotation précise au regard du contexte.
Toutefois, Jacobelli a été reconnu coupable pour outrage envers une personne chargée de service public et pour diffamation non publique. Il devra également verser 150 euros de dommages et intérêts à Belkhir Belhaddad. Le parquet avait pourtant requis une peine plus sévère, notamment une amende plus conséquente.

Ce procès a suscité de vives réactions politiques. Belkhir Belhaddad a dénoncé une sanction jugée trop légère et a mis en cause ce qu’il considère comme une « main qui tremble » de la justice dès qu’il s’agit de juger des élus du RN. Il a annoncé son intention de faire appel pour obtenir une reconnaissance plus ferme des propos litigieux comme haineux et racistes.
Laurent Jacobelli, de son côté, a célébré la décision comme un « échec » des tentatives de disqualification morale. Il défend le caractère « courant » et « politique » de l’expression « racaille », et dénonce une campagne de « calomnie » à son encontre.
Ce verdict, aussi symbolique que médian, illustre les tensions toujours vives en France autour de la liberté d’expression, des discours politiques et des limites de l’injure dans un contexte de polarisation politique croissante. Il pose aussi la question de la responsabilité des élus dans leurs échanges publics et de l’impact symbolique de leurs propos sur l’opinion.
