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La Guerre Froide de l'Eau au Moyen-Orient : Nouveaux Barrages, Anciennes Tensions et l'Urgence des Traités Transfrontaliers.

La Guerre Froide de l'Eau au Moyen-Orient : Nouveaux Barrages, Anciennes Tensions et l'Urgence des Traités Transfrontaliers.

La rareté de l'eau au Moyen-Orient et en Afrique du Nord n'est pas seulement une crise environnementale ; c'est un facteur d'instabilité géopolitique majeur, souvent qualifié de "Guerre Froide de l'Eau". La construction unilatérale de grands barrages en amont sur des fleuves transfrontaliers, comme le Nil, le Tigre et l'Euphrate, exacerbe les anciennes tensions et met en péril la sécurité hydrique et alimentaire de millions de personnes en aval.

L'Unilatéralisme des Projets Hydro-électriques

L'exemple le plus patent est le barrage de la Renaissance (GERD) sur le Nil, construit par l'Éthiopie, qui a créé des tensions existentielles avec l'Égypte et le Soudan, tous deux dépendants des eaux du Nil pour leur survie. De même, le vaste projet d'Anatolie du Sud-Est (GAP) en Turquie, avec ses barrages sur le Tigre et l'Euphrate, a réduit considérablement le débit d'eau atteignant la Syrie et l'Irak, contribuant à la désertification et aux déplacements de population.

Le problème réside dans l'absence ou la faiblesse de traités de partage des eaux contraignants et équitables, souvent hérités de l'ère coloniale ou obsolètes. Les États en amont affirment leur droit souverain à utiliser leurs ressources pour leur développement économique et leur production hydroélectrique, tandis que les États en aval invoquent le droit international pour préserver les flux historiques minimaux.

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De l'Urgence à la Coopération

L'escalade de ces tensions a des conséquences directes sur la sécurité régionale : migrations forcées, famine, et risques de conflits armés localisés. Pour éviter que l'eau ne devienne un casus belli, l'urgence des traités transfrontaliers s'impose. Ces accords doivent être basés sur le principe de l'utilisation équitable et raisonnable des ressources partagées.

La solution passe par la diplomatie de l'eau et la mise en place de mécanismes de gestion commune qui intègrent les données climatiques (sécheresse accrue). Les dirigeants de la région, appuyés par les organisations internationales, doivent comprendre que la seule voie vers la sécurité hydrique à long terme est la coopération. Cela implique le partage des informations sur les débits, la gestion coordonnée des réservoirs et des investissements communs dans les technologies d'économie d'eau et de dessalement. Le sort de millions d'individus et la stabilité du Moyen-Orient dépendent de la capacité des États à transformer un différend mortel en une opportunité de collaboration vitale.

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