La France réclame à Bruxelles le déréférencement des plateformes chinoises Shein et Temu pour non-respect des règles, bras de fer commercial européen
La guerre à distance sur le terrain du commerce en ligne continue de s’intensifier entre la France, l’Union européenne, et certaines plateformes numériques chinoises, particulièrement Shein et Temu. Le 2 septembre 2025, Véronique Louwagie, ministre française chargée du Commerce extérieur, a adressé à Bruxelles une lettre officielle demandant à la Commission européenne de prendre des mesures en vue du déréférencement, voire de la suspension sur le marché européen, de ces géants du e-commerce pour leur non-respect répété des règles en vigueur.
L’accusation principale porte sur la violation des normes européennes relatives à la sécurité des produits, à la protection des données personnelles, ainsi que sur des pratiques commerciales jugées déloyales et antisociales, notamment concernant les conditions de production et les droits des travailleurs dans les chaînes d’approvisionnement. Ces plateformes, qui proposent des articles à bas coût provenant massivement de la Chine, sont accusées de déstabiliser économiquement les petits détaillants et les fabricants locaux européens, fragilisant des secteurs clés comme le textile, la mode, et l’électronique.
Selon des études récentes, Shein et Temu affichent une croissance fulgurante dans plusieurs pays européens, alimentée par une politique agressive de prix et de marketing en ligne. Cette situation suscite une inquiétude croissante dans les milieux industriels français qui déplorent une concurrence « déloyale » et un « dumping social et écologique » qui menace leur survie.

La Commission européenne, saisie officiellement, doit évaluer la situation dans les prochaines semaines. Bruxelles a déjà exprimé son souci d’harmoniser les règles du marché intérieur et d’assurer une concurrence équitable, promouvant simultanément la transformation écologique et digitale de l’économie.
Le bras de fer attendu s’inscrit dans un contexte plus large de tensions commerciales entre l’Union européenne et la Chine, où les questions d’accès au marché, respect des normes, TVA et fiscalité, ainsi que la protection des consommateurs sont régulièrement au cœur des différends.
Par ailleurs, le gouvernement français soutient également le développement de filières locales écoresponsables et innovantes, encourageant les marques européennes à renforcer leurs soutiens dans un paysage commercial numérisé. L’objectif affiché est de revaloriser la qualité, la traçabilité des produits et un commerce à « visage humain ».
Face à la montée en puissance des géants étrangers, l’Union européenne est attendue pour adopter des mesures pragmatiques, notamment via la réforme du Digital Services Act (DSA) et des exigences accrues sur la transparence commerciale, la sécurisation des transactions et la protection des données utilisateurs.
En conclusion, cette initiative française représente un combat symbolique et concret pour la souveraineté économique numérique européenne, sur lequel se joue aussi la crédibilité des institutions communautaires à garantir un marché juste, sûr et durable face aux défis mondiaux et à la globalisation.
