L'Afrique du Sud Hôte du G20 : De Nouvelles Alliances Économiques et un Appel au Rééquilibrage Mondial.
L'accueil du sommet du G20 par l'Afrique du Sud est un événement diplomatique majeur, symbolisant la montée en puissance de l'hémisphère sud et l'accélération du processus de rééquilibrage mondial des pouvoirs économiques et politiques. Pour la première fois depuis des années, le sommet est centré sur les priorités du "Sud Global", mettant les questions de développement, de dette et de réforme multilatérale au premier plan.
La Voix du Sud et le BRICS+
L'Afrique du Sud, membre fondateur des BRICS, utilise cette plateforme pour amplifier la voix du Sud Global. La récente expansion des BRICS+ (incluant notamment l'Arabie Saoudite, l'Égypte, l'Émirats Arabes Unis, l'Iran et l'Éthiopie) a renforcé leur poids démographique et économique, leur donnant une capacité d'influence accrue sur l'agenda du G20.
Les objectifs du sommet sont clairs et ambitieux :
- Réforme des Institutions Financières Internationales (IFI) : Exiger une représentation plus juste au sein du FMI et de la Banque Mondiale, reflétant la puissance économique actuelle des pays émergents.
- Allègement de la Dette : Presser les pays créanciers et les institutions à mettre en œuvre des mécanismes d'allègement de la dette souveraine pour les pays à faible revenu, en particulier en Afrique.
- Financement du Climat : Réclamer le respect des engagements de financement climatique du Nord vers le Sud, en lien avec les discussions de la COP.

Naviguer dans les Tensions Géopolitiques
Le défi majeur pour l'Afrique du Sud est de maintenir la cohésion du G20 malgré les profondes fractures géopolitiques (guerres en cours, rivalité sino-américaine). Le pays hôte cherche à positionner le sommet comme un forum de dialogue économique et de coopération, évitant que les désaccords politiques ne fassent dérailler les avancées sur le développement.
L'analyse pour un public de décideurs montre que ce G20 est l'occasion de formaliser le passage d'un monde unipolaire/bipolaire à un monde multipolaire où les puissances émergentes, menées par l'Afrique du Sud, sont désormais des co-auteurs actifs et non plus de simples exécutants des règles globales. Le succès du sommet se mesurera à sa capacité à produire des engagements concrets, au-delà des déclarations rhétoriques, sur le financement et la restructuration de la dette mondiale.
