Justice : Affaire Kévin et Leslie, cinq suspects renvoyés aux assises, dont quatre pour assassinat
Le drame de l’affaire Kévin et Leslie, qui avait bouleversé la France en 2023, connaît un tournant judiciaire majeur. Deux ans après la découverte des corps du jeune couple, en Charente-Maritime, la justice a ordonné le renvoi devant la cour d’assises de cinq suspects, dont quatre pour assassinat. Une décision qui ouvre la voie à un procès hors norme, susceptible d’exposer avec force les dérives de la violence de groupe, les mécanismes de manipulation et la fragilité de victimes devenues cibles.
Un double homicide qui avait marqué l’opinion
Kévin et Leslie, âgés de 21 et 22 ans, avaient disparu en novembre 2022 après une soirée dans une maison de Saint-Pée-sur-Nivelle, dans les Pyrénées-Atlantiques. Quelques semaines plus tard, leurs corps avaient été retrouvés, cachés dans une zone boisée, mutilés. L’affaire avait rapidement révélé un piège criminel orchestré par plusieurs jeunes du même cercle de relations.
Le rôle des suspects
Après deux années d’instruction, les juges estiment avoir recueilli suffisamment de preuves pour renvoyer les accusés devant les assises. Parmi eux, quatre sont poursuivis pour assassinat, encourant la réclusion criminelle à perpétuité. Un cinquième, mineur au moment des faits, est renvoyé pour complicité. Tous appartenaient au cercle amical du couple, ce qui a renforcé l’onde de choc dans l’opinion publique. «Ils ont été piégés et livrés à une violence méthodique», a résumé le procureur.
Des motivations troubles
L’enquête a mis en évidence des tensions liées à des dettes d’argent, un climat d’addiction aux stupéfiants et une volonté de domination au sein du groupe. Des messages échangés sur les réseaux sociaux, versés au dossier, montrent une planification glaçante. «Ce n’est pas un simple dérapage, mais un passage à l’acte réfléchi», insiste une source proche du dossier.

Une affaire emblématique des dérives violentes
L’affaire Kévin et Leslie s’inscrit dans la série de crimes de bandes qui secouent la France depuis quelques années. Des victimes parfois ciblées dans des contextes de rivalité, d’humiliation ou pour de simples différends. Les assises permettront de mettre en lumière la mécanique de groupe, la banalisation de la violence, mais aussi les failles de prévention sociale.
Attente des familles
Pour les proches des victimes, l’attente est immense. «Nous voulons comprendre, savoir pourquoi ils ont fait ça, mais surtout obtenir justice», a déclaré la mère de Leslie. Le procès, s’il est confirmé après d’éventuels recours, pourrait se tenir courant 2026.
Enjeux judiciaires et sociétaux
Ce procès devrait être suivi avec une attention nationale, tant il soulève des questions sur la jeunesse, les addictions et la capacité de la justice à traiter des affaires où la cruauté dépasse l’entendement. Outre la répression, il interrogera sur le rôle de la prévention et le poids des influences de groupe dans les drames contemporains.
