Géothermie à Riom-Clermont : L'Auvergne mise sur le feu de la terre
Un trésor sous nos pieds
Le sous-sol auvergnat, célèbre pour ses volcans endormis, s'apprête à devenir une source d'énergie majeure pour la France. Le renouvellement du permis de recherches de gîtes géothermiques "Riom-Clermont" marque une étape décisive dans la quête d'autonomie énergétique régionale. Ce projet, qui couvre plusieurs communes de la métropole clermontoise, vise à pomper l'eau chaude des profondeurs pour alimenter un réseau de chaleur urbain sans précédent.
La géothermie : l'énergie de base oubliée
Contrairement à l'éolien ou au solaire, la géothermie présente l'avantage immense d'être "non intermittente". Elle produit de la chaleur et de l'électricité 24 heures sur 24, quelles que soient les conditions météorologiques. À Clermont-Ferrand, l'objectif est d'atteindre une température de sortie de 150°C, suffisante pour chauffer des quartiers entiers et alimenter des processus industriels locaux.
Le coût d'investissement initial est lourd — estimé à plus de 120 millions d'euros — mais la rentabilité à long terme est assurée par la stabilité des prix de l'énergie extraite. "C'est une assurance contre la volatilité des marchés du gaz", affirme un responsable de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Défis techniques et environnementaux
Le forage en zone volcanique n'est pas sans risques. Les ingénieurs doivent s'assurer que l'injection d'eau dans les failles géologiques ne provoque pas de micro-séismes, comme cela avait été le cas à Strasbourg par le passé. Une surveillance sismologique de haute précision a été installée pour garantir la sécurité des populations.
Si le succès est au rendez-vous, le modèle de Riom-Clermont pourrait être dupliqué dans d'autres zones de France possédant des anomalies thermiques, faisant de la chaleur de la terre un pilier central du mix énergétique français de 2030.
