Énergies renouvelables en Afrique : le pari géant de l’hydrogène vert et du solaire
L’Afrique mise désormais sur l’hydrogène vert pour devenir un acteur majeur de la transition énergétique mondiale. Le projet Nour au Maroc, plus grande usine d’hydrogène solaire au monde, produira 4 millions de tonnes par an dès 2028, alimentant l’Europe via un pipeline sous-marin vers l’Espagne. Soutenu par l’UE à hauteur de 6 milliards d’euros, ce méga-projet pourrait créer 100 000 emplois directs et réduire de 15 % les importations européennes de gaz russe.
Le Kenya, de son côté, combine géothermie et blockchain pour révolutionner l’accès à l’énergie. La centrale de Olkaria, qui fournit déjà 50 % de l’électricité nationale, a équipé 2 millions de foyers de compteurs intelligents fonctionnant avec des jetons cryptographiques. Ces crédits d’énergie, échangeables via l’appli M-Pesa, permettent aux ménages de revendre leurs excédents solaires, une première mondiale saluée par la Banque africaine de développement (BAD).
Mais les défis restent immenses. Le déficit en infrastructures freine l’essor des énergies renouvelables : seulement 40 % des projets éoliens subsahariens atteignent leur capacité maximale, faute de lignes haute tension adaptées. La corruption et les conflits fonciers, comme ceux opposant éleveurs et promoteurs solaires au Niger, complexifient les déploiements.

La Chine et les Émirats arabes unis se positionnent en partenaires privilégiés. Pékin a financé 80 % des centrales solaires en Algérie et en Égypte via sa Banque asiatique d’investissement, tandis qu’Abou Dabi investit dans des fermes éoliennes offshore au Mozambique. Ces initiatives concurrencent directement l’influence européenne, poussant l’UE à revoir sa stratégie Global Gateway pour inclure des prêts à taux zéro
