Diplomatie France-Afrique : la fin du franc CFA et le nouveau modèle de coopération
Le 1er janvier 2026, le franc CFA sera remplacé par l’Eco, une monnaie unique ouest-africaine indépendante de la France, marquant un tournant historique dans les relations franco-africaines. Cette réforme, négociée depuis 2020, prévoit le retrait définitif des représentants français du Conseil d’administration de la BCEAO et la fin de la garantie de convertibilité par le Trésor français. « C’est la fin d’un système néocolonial », s’est félicité le président ivoirien Alassane Ouattara, tandis que Paris parle d’une « évolution nécessaire ».
Mais cette transition s’accompagne de défis majeurs. Les pays de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) doivent désormais constituer leurs propres réserves de change, estimées à 50 milliards d’euros pour garantir la stabilité de l’Eco. Le Nigeria, bien que non membre, joue un rôle clé via son poids économique, suscitant des tensions avec des pays plus petits comme le Togo ou le Bénin.
La France, de son côté, redéfinit sa stratégie à travers le Sommet de Montpellier 2025, axé sur les partenariats économiques équitables. Emmanuel Macron a annoncé un fonds de 3 milliards d’euros pour financer des startups africaines dans les énergies renouvelables et la santé, tout en conditionnant l’aide au respect des droits humains. Une approche saluée par le Sénégal mais critiquée au Mali, où le gouvernement militaire dénonce une « ingérence inacceptable ».

Les anciennes colonies françaises explorent parallèlement de nouveaux alliés. Le Maroc émerge comme un partenaire clé dans les infrastructures, avec le projet de gazoduc Nigeria-Maroc soutenu par l’UE. L’Inde, via sa « Africa Growth Initiative », investit massivement dans la digitalisation des administrations, tandis que la Turquie renforce son soft power islamique via des réseaux scolaires et religieux.
