Dette Mondiale : L’alerte sur le « Mur de la Dette » des pays en développement
Par la Rédaction Économique d’OMONDO 24 Nairobi / Paris, le 20 décembre 2025
En cette fin d'année 2025, une ombre plane sur les pays en développement : le « mur de la dette ». Alors que les taux d'intérêt mondiaux restent à des niveaux élevés pour combattre l'inflation, plus de 30 nations émergentes se retrouvent au bord du défaut de paiement. La situation est particulièrement critique en Afrique subsaharienne et en Amérique latine, où le service de la dette consomme désormais plus de 40 % des revenus fiscaux des États, au détriment de l'éducation et de la santé.
La fin de la période de grâce
Pendant la crise du Covid-19, de nombreux pays avaient bénéficié de moratoires ou de rééchelonnements. Mais en 2025, les échéances de remboursement des obligations souveraines arrivent à terme. Le coût du refinancement est devenu prohibitif : des pays comme le Kenya ou l'Égypte doivent emprunter à des taux dépassant les 12 % sur les marchés internationaux. Pour les économistes d’OMONDO, nous assistons à une « crise de liquidité qui se transforme en crise de solvabilité ».
La Chine, principal créancier bilatéral, adopte une position ambiguë. Si elle participe à certains cadres de restructuration, elle privilégie souvent des accords opaques, compliquant la tâche du Club de Paris et du FMI. Cette fragmentation de la diplomatie financière laisse les pays débiteurs dans une impasse dangereuse, incapables de financer leur développement tout en honorant leurs créances.



Vers une restructuration globale ?
L'appel lancé ce 20 décembre par un collectif d'intellectuels et de dirigeants africains pour une « remise à zéro » de la dette mondiale résonne comme un cri d'alarme. Ils proposent d'échanger la dette contre des investissements dans la résilience climatique (debt-for-nature swaps). C’est une solution innovante qui permettrait de résoudre deux crises simultanément.
Cependant, les créanciers privés (fonds de pension et gestionnaires d'actifs) traînent les pieds, craignant pour leur rentabilité. Sans une coordination politique au niveau du G20 en 2026, l'année à venir pourrait être marquée par une série de défauts de paiement en cascade, déstabilisant les banques régionales et aggravant les tensions migratoires. Le mur de la dette n'est plus une abstraction statistique, c'est une bombe à retardement sociale.
