Commerce et services, hôpitaux, énergie – les secteurs clés en première ligne pour la grève du 10 septembre
Le mouvement de contestation du 10 septembre 2025 promet de frapper plusieurs secteurs essentiels de l’économie française, avec une mobilisation particulièrement visible dans le commerce, la santé publique, les services et l’énergie. Ces secteurs, souvent en première ligne lors des mouvements sociaux, s’apprêtent à subir des perturbations significatives.
Dans le commerce, la Fédération CGT Commerce et Services a appelé à « amplifier les mobilisations » avec des débrayages dans plusieurs enseignes majeures. Carrefour, But mais aussi Kiabi, Primark, Flunch, Elior et Sodexo figurent parmi les enseignes fragilisées par cet appel à la grève. Déjà impactés par la baisse du pouvoir d’achat et les tensions inflationnistes, ces secteurs risquent de voir un ralentissement de leurs activités, perturber la chaîne logistique et réduire les horaires d’ouverture dans plusieurs points de vente.
Le secteur hospitalier, par ailleurs, est lui aussi fortement touché. Quatre syndicats majeurs de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), CGT, FO, CFTC et UNSA – appellent à une mobilisation contre les mesures d’austérité du gouvernement Bayrou, qui prévoit des coupes budgétaires allant jusqu’à 5,5 milliards d’euros dans les hôpitaux publics. Les personnels, déjà sous forte tension depuis plusieurs années, menacent de paralyser les services, notamment dans les centres hospitaliers d’Île-de-France.

Dans le secteur de l’énergie, une grève reconductible est annoncée, avec des risques de coupures et de perturbations dans certaines régions, dans un contexte où la transition énergétique et la crise du coût de la vie enlèvent toute marge de manœuvre. La distribution électrique et gazière navigue en eaux troubles, avec une mobilisation des personnels de terrain qui préfigure des difficultés dans l’approvisionnement et la gestion des réseaux.
Cette mobilisation, très large et protéiforme, est symptomatique d’un mal-être profond qui traverse la société française. Entre crise économique, fragilité des services publics et défiance envers un pouvoir exécutif fragilisé par sa chute imminente, le mouvement du 10 septembre illustre une tension explosive à laquelle s’ajoute une incertitude quant à la capacité des institutions à répondre.
Les prochains jours, outre la journée d’action, porteront une attention accrue sur l’ampleur, la durée et la nature des blocages. D’ores et déjà, la tonalité est donnée pour une rentrée sociale qui s’annonce rude et qui pourrait impacter durablement la gouvernance politique française.
