Bangladesh : L'ex-Première ministre Sheikh Hasina condamnée à 10 ans de prison
Le crépuscule d'une icône déchue
Le verdict est tombé comme un couperet dans une salle d'audience blindée de la capitale, Dhaka. Ce mardi 3 février 2026, la Cour spéciale du Bangladesh a condamné l'ancienne Première ministre Sheikh Hasina à une peine de 10 ans de réclusion criminelle pour corruption aggravée et abus de pouvoir. Celle qui a régné d'une main de fer sur le pays pendant plus de quinze ans voit son héritage politique s'effondrer sous le poids des procédures judiciaires lancées après sa fuite précipitée du pouvoir.

Un procès symbole de la "Nouvelle Ère"
Depuis le soulèvement populaire de 2024, le gouvernement intérimaire a fait de la "purification institutionnelle" son cheval de bataille. Les accusations retenues contre Hasina concernent notamment le détournement de fonds destinés à des projets d'infrastructure majeurs et l'utilisation des forces de sécurité à des fins de répression politique. Pour les partisans de la Ligue Awami, il s'agit d'une "vendetta politique" orchestrée pour éliminer toute opposition. Pour la société civile, en revanche, c'est le signal que l'impunité des élites touche à sa fin.
Risques d'embrasement et avenir démocratique
La condamnation de Sheikh Hasina place le Bangladesh à la croisée des chemins. Des manifestations sporadiques ont éclaté dans plusieurs districts ruraux, tandis que l'armée reste en état d'alerte. L'enjeu pour le pouvoir actuel est de transformer ce procès en un acte fondateur d'un État de droit, sans sombrer dans le cycle des vengeances partisanes qui empoisonne la politique bangladaise depuis son indépendance. Le monde regarde Dhaka, car la stabilité de cette puissance textile mondiale est cruciale pour les chaînes d'approvisionnement occidentales.
