Alain Juppé alerte sur les risques d'éclatement de l'Union européenne : diagnostic et perspectives
L'ancien Premier ministre français Alain Juppé a récemment lancé une alerte publique solennelle sur l'état de l'Union européenne (UE), exprimant une profonde inquiétude quant à un possible éclatement institutionnel et politique du projet européen. Ses déclarations, intervenues dans un contexte de multiples crises internes au bloc, soulèvent de nombreuses questions sur l'avenir de l'Europe unie, sa résilience et la manière dont ses membres peuvent surmonter les défis contemporains.
Les sources de la fracture européenne
Selon Juppé, l'UE traverse une période critique où les divergences entre États membres se creusent dangereusement. Ces divisions s'expriment tant sur le plan politique, économique que culturel. Le rejet croissant des élites supranationales et un regain de souveraineté dans plusieurs pays fragilisent la cohésion. Par ailleurs, la montée des populismes a intensifié la méfiance mutuelle, mettant en péril l'élan fédérateur historique.
Plus spécifiquement, les différends sur la politique migratoire, la gestion économique post-pandémique, les approches climatiques et la politique étrangère divisent l'Union. Tandis que certains pays anciennement à la pointe promettent une intégration plus poussée, d'autres privilégient un retour au contrôle national, refusant le transfert accumulé de souveraineté.
Une urgence démocratique
Juppé pointe également un déficit démocratique qui alimente le scepticisme vis-à-vis de Bruxelles. Les institutions européennes sont souvent perçues comme éloignées des citoyens, insuffisamment transparentes et complexes. Ce hiatus entre gouvernance et attentes populaires crée un terrain favorable à la désunion.
Pour lui, il est crucial de réconcilier les eurocrates avec les peuples, notamment en renforçant le rôle du Parlement européen et en améliorant la communication sur les bénéfices concrets de l'Union.

Scénarios possibles pour l'avenir de l'Europe
Juppé ne prédit pas de manière certaine une dissolution intégrale, mais évoque plusieurs scénarios de fragmentation. Le plus redouté est une sortie collective ou progressive de certains États, remettant en cause la solidité du marché unique et la politique extérieure commune de l'UE.
Il évoque également la possibilité d'une « multivélocité », où différents groupes d'États avancent à des rythmes différents sur divers sujets, afin d'éviter un blocage complet. Si ce modèle peut apporter une souplesse, il pourrait aussi accentuer le sentiment d'inégalité au sein de l'Union.
Appel à un renouveau de la construction européenne
Face à ces menaces, Juppé plaide pour un « nouveau départ », fondé sur la solidarité renforcée, le respect des diversités nationales et la réaffirmation des valeurs européennes fondamentales. Il propose des réformes institutionnelles audacieuses, accompagnées d'une politique économique plus inclusive, capables de réduire les déséquilibres internes.
En particulier, il insiste sur la nécessité de coordonner davantage les réponses aux crises climatiques et sanitaires, ainsi que la politique migratoire, afin d'éviter une succession d'échecs qui nourrissent les divisions.
