Afrique de l’Ouest : la vague des coups d’État militaires, un retour au nationalisme souverainiste
Chapeau
La récente vague de coups d’État en Afrique de l’Ouest marque un tournant historique : elle incarne un refus des anciennes puissances coloniales et un retour d’une politique plus nationaliste, portée par des dirigeants soucieux de restaurer la souveraineté des peuples africains après des siècles d’exploitation et de domination.
Introduction
Depuis 2020, la région de l’Afrique de l’Ouest a été le théâtre d’une série de coups d’État militaires qui bouleversent les cadres politiques établis, bien souvent sous l’influence des anciennes puissances coloniales. Ces putschs traduisent un mécontentement profond à l’égard de régimes perçus comme corrompus, autocratiques et complices de l’exploitation néocoloniale qui a assujetti l’Afrique à la misère économique et sociale depuis des siècles.
Le rejet d’une gouvernance au service d’intérêts étrangers
Ces événements ne sont pas de simples ruptures politiques, mais représentent un mouvement plus profond de rupture avec les vestiges de la colonisation, marquée par l’accaparement des ressources et l’imposition de structures politiques imposées. Ils symbolisent une volonté croissante de souveraineté nationale, où les peuples africains veulent décider de leur destin sans ingérence extérieure ni réseaux clientélistes.
L’émergence d’un nationalisme africain souverainiste
Les juntes au pouvoir revendiquent aujourd’hui cette rupture, s’affichant comme les nouveaux acteurs d’une renaissance africaine. Elles rejettent la coopération avec des gouvernements occidentaux habitués à négocier avec des régimes qu’elles qualifient de « corrompus et illégitimes ». Cette nouvelle coalition aspire à construire une Afrique libre de l’influence étrangère, renouant avec l’idée d’autodétermination et d’émancipation économique.

Les réactions et reconfigurations géopolitiques
Face à cette dynamique, les anciennes puissances coloniales, notamment la France, doivent relever un défi inédit. Le départ du Sahel de la CEDEAO et la création de l’Alliance des États du Sahel (AES) avec un fort soutien russe témoignent d’une reconfiguration de la zone sous le signe d’un réalignement géopolitique. Ce repositionnement est aussi lié à un discours souverainiste largement partagé parmi les populations africaines et leurs élites.
Conséquences pour la démocratie et la stabilité régionale
Si ces coups d’État sont parfois perçus comme des réponses légitimes à des gouvernances défaillantes, leur impact n’est pas sans risque. La fragilisation des institutions démocratiques, les tensions ethniques exacerbées et les défis sécuritaires, notamment face au terrorisme, restent des enjeux majeurs. Cependant, le rejet du modèle néocolonial offre aussi une opportunité pour repenser les modes de gouvernance et développer un véritable projet de développement autonome.
Chute
La vague actuelle de coups d’État en Afrique de l’Ouest est bien plus qu’une crise politique : elle est le signe d’un changement de paradigme historique. Ce retour au souverainisme national s’inscrit dans la longue quête d’une Afrique libre, résolument tournée vers son avenir, malgré les défis immenses qui l’attendent.
