Climat +3°C : l’ONU alerte sur un effondrement économique mondial d’ici 2030
Le dernier rapport du GIEC, publié ce 22 avril 2025, dresse un tableau apocalyptique : un réchauffement de +3°C d’ici 2030 entraînerait une baisse de 18 % du PIB mondial, selon les projections de la Banque mondiale. Les villes côtières comme Miami, Shanghai et Lagos subiraient des inondations permanentes, avec des coûts de relocalisation estimés à 12 000 milliards de dollars. L’agriculture ne serait pas épargnée : les rendements de maïs et de blé chuteraient de 30 % en Afrique subsaharienne et de 20 % en Inde, plongeant des centaines de millions de personnes dans l’insécurité alimentaire.
Les assureurs, confrontés à des sinistres climatiques records, prévoient une hausse de 250 % des primes pour les habitations en zone à risque. Axa et Allianz ont déjà annoncé leur retrait des marchés de Floride et du Bangladesh, tandis que les États peinent à mutualiser les risques. « Nous assistons à une privatisation de la résilience climatique », dénonce Mariana Mazzucato, économiste à l’University College London.

L’ONU pointe du doigt l’échec des accords de Paris, malgré les 2 100 milliards de dollars investis depuis 2020 dans la transition énergétique. Le charbon, responsable de 40 % des émissions globales, connaît une renaissance paradoxale en Allemagne et en Pologne pour pallier les pénuries de gaz. « Les énergies fossiles représentent encore 78 % du mix énergétique mondial, c’est un échec politique », s’indigne António Guterres, secrétaire général de l’ONU.
Seul espoir : les technologies de captage de CO2, comme celles testées en Islande par la start-up CarbFix, qui pourraient stocker 1 milliard de tonnes de CO2 par an d’ici 2035. Le projet, financé par l’UE et Bill Gates, transforme le gaz carbonique en roche grâce à une réaction chimique naturelle. « C’est une solution partielle, mais indispensable pour gagner du temps », explique Sandra Ósk Snæbjörnsdóttir, géochimiste en chef du projet.
