Venezuela : Washington délivre une licence pétrolière globale, le pragmatisme économique avant la morale
Développement (Analyse économique) :
Dans un revirement qui souligne le pragmatisme de la nouvelle administration américaine, les États-Unis s'apprêtent à délivrer, en cette première semaine de février 2026, une licence générale autorisant les compagnies pétrolières américaines à produire et exporter du brut vénézuélien sans restriction majeure. Ce changement de cap intervient alors que le marché mondial de l'énergie est sous pression. En échange d'un allègement massif des sanctions, Washington impose des conditions de "privatisation de fait" où les entreprises américaines contrôlent l'essentiel de la chaîne de valeur.
L'intérêt stratégique derrière l'allègement des sanctions
Pourquoi ce dégel avec Caracas ? La réponse tient en deux mots : inflation et concurrence. En permettant au pétrole vénézuélien de revenir massivement sur le marché, Donald Trump espère stabiliser les prix à la pompe aux États-Unis, tout en affaiblissant l'influence russe sur le régime de Nicolas Maduro. Bien que la rhétorique officielle reste hostile au "socialisme du XXIe siècle", la réalité des chiffres l'emporte. Le Venezuela possède les plus grandes réserves prouvées au monde, et leur exploitation par des technologies américaines est jugée cruciale pour la sécurité énergétique du continent.

Un gouvernement de continuité sous surveillance
Pour les citoyens vénézuéliens, cet accord est à double tranchant. S'il promet une bouffée d'oxygène économique, il consolide également une forme d' "autoritarisme dirigé". Le pouvoir à Caracas accepte de céder le contrôle de ses ressources en échange de sa survie politique. OMONDO.INFO analyse ce pacte comme une mutation du conflit : on ne cherche plus à renverser le régime par la force, mais à le transformer en un partenaire commercial docile. La question reste entière : ce pétrole profitera-t-il à la population affamée ou uniquement aux élites et aux investisseurs étrangers ?
