Fin de la Conférence Mondiale sur l'Internet : Quels Consensus sur la Régulation du Numérique et l'IA ?
Fin de la Conférence Mondiale sur l'Internet : Quels Consensus sur la Régulation du Numérique et l'IA ?
La Conférence Mondiale sur l'Internet (Wuzhen Summit) a clôturé ses travaux ce 7 novembre, laissant derrière elle un bilan contrasté mais essentiel pour l'avenir de la gouvernance numérique mondiale. Le consensus principal, bien que fragile, porte sur la nécessité d'une régulation internationale des technologies émergentes, en particulier l'Intelligence Artificielle (IA). Les déclarations finales insistent sur le besoin d'établir des garde-fous éthiques et techniques pour encadrer le développement rapide de l'IA, afin de prévenir les biais algorithmiques et de garantir la protection des données personnelles à l'échelle transfrontalière.
Un point d'accord notable a été la reconnaissance de la souveraineté numérique des États. Les participants ont réaffirmé le droit des nations à gérer leurs propres données et infrastructures numériques, ouvrant la voie à des législations nationales plus strictes sur le stockage et le transfert des informations. Cependant, cette affirmation a créé une tension avec l'idéal d'un Internet ouvert et global, défendu principalement par les délégations occidentales.
Le débat le plus houleux a concerné la responsabilité des plateformes numériques. Face à la propagation de la désinformation et à l'incitation à la haine, de nombreux pays ont exigé que les géants de la technologie (Gafam et leurs équivalents asiatiques) assument une plus grande responsabilité éditoriale et fassent preuve d'une modération plus efficace. La Conférence a proposé l'ébauche d'un "code de conduite mondial" non contraignant, qui servira de base aux discussions futures, notamment au sein de l'ONU.

Malgré l'absence d'un traité international immédiat, Wuzhen a posé les jalons pour une coopération plus étroite, en particulier sur la cybersécurité. Un appel commun a été lancé pour partager les informations sur les menaces sophistiquées et coordonner les réponses aux attaques étatiques et criminelles. Le véritable défi, cependant, réside dans la traduction de ces intentions en mécanismes d'application concrets, capables de transcender les divergences géopolitiques et idéologiques qui persistent sur la question fondamentale : qui doit diriger l'Internet de demain ?
