Économie britannique – La Banque d'Angleterre maintient ses taux d'intérêt face à une inflation persistante
Le choix de la fermeté monétaire face aux doutes des marchés
Réuni à Londres, le comité de politique monétaire de la Banque d'Angleterre (Bank of England) a douché les espoirs des courtiers de la City en annonçant le maintien de son principal taux directeur à son niveau le plus élevé de la décennie. Malgré les signes d'un ralentissement de l'activité économique générale au Royaume-Uni et les appels répétés des milieux d'affaires en faveur d'un assouplissement du crédit, les gouverneurs ont estimé que les pressions inflationnistes sous-jacentes étaient encore trop ancrées pour risquer une baisse prématurée des taux.
La justification de la vénérable institution de Threadneedle Street repose sur la persistance de la hausse des salaires dans le secteur des services et sur les coûts élevés de l'énergie importée, qui maintiennent l'indice des prix à la consommation bien au-dessus de la cible officielle de 2 %. Le gouverneur de la Banque d'Angleterre a souligné lors de sa conférence de presse que céder à la panique des marchés immobiliers ou céder aux demandes à court terme des milieux politiques reviendrait à prolonger la crise du coût de la vie qui frappe les ménages britanniques depuis plusieurs années.

L'impact sur le marché immobilier et le pouvoir d'achat
Cette décision de maintenir un coût de l'argent élevé pèse lourdement sur l'immobilier britannique, en particulier à Londres et dans le Sud-Est de l'Angleterre. Des milliers de ménages dont les prêts hypothécaires à taux fixe arrivent à échéance cet été vont devoir refinancer leurs dettes à des conditions extrêmement pénalisantes, amputant directement leur revenu disponible et freinant la consommation intérieure.
Cette politique monétaire restrictive maintient en revanche la fermeté de la livre sterling face à l'euro et au dollar, ce qui permet de limiter mécaniquement le coût des produits importés. Les analystes financiers s'accordent à dire que l'économie britannique traverse une phase de transition délicate post-Brexit, où la Banque d'Angleterre doit naviguer à vue entre l'impératif de juguler l'inflation et le risque de plonger le pays dans une récession technique prolongée, un défi qui met à rude épreuve les théories économiques traditionnelles.
