Zimbabwe : Le cabinet approuve l'extension du mandat d'Emmerson Mnangagwa jusqu'en 2030
Introduction
Le verrou constitutionnel du Zimbabwe est sur le point de sauter. Ce mardi 10 février 2026, le cabinet ministériel a officiellement approuvé une série d'amendements constitutionnels visant à prolonger le mandat du président Emmerson Mnangagwa, âgé de 83 ans, jusqu'en 2030. Alors que son second et dernier mandat devait s'achever en 2028, cette manœuvre du parti au pouvoir, la ZANU-PF, provoque une onde de choc au sein de l'opposition et de la société civile, qui dénoncent un "coup d'État constitutionnel".
Une modification de la règle du jeu
Le plan, surnommé "Agenda 2030", ne se contente pas de prolonger la durée de la présidence. Les amendements prévoient également :
- Le passage du mandat présidentiel de cinq à sept ans.
- L'élection du président par le Parlement plutôt que par le suffrage universel direct.
- La possibilité pour le chef de l'État de nommer dix sénateurs supplémentaires, renforçant son contrôle sur la chambre haute.

La colère de l'opposition
Pour les figures de proue de l'opposition comme David Coltart (maire de Bulawayo), cette décision est une attaque frontale contre la démocratie. L'opposition martèle que tout changement prolongeant le mandat d'un sortant doit impérativement faire l'objet d'un référendum national. "Ils savent qu'ils échoueraient en cas de vote populaire, c'est pourquoi ils cherchent un habillage judiciaire via la Cour constitutionnelle", a déclaré Coltart à l'AFP.
