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Visite historique de Xi Jinping en Égypte : restructuration des alliances au Moyen-Orient sur fond de tensions sino-américaines

Dans un contexte international profondément perturbé par la crise militaire dans le Golfe Persique, le président chinois Xi Jinping accomplit une visite d'État de trois jours au Caire en ce début de mois de septembre 2026. Ce déplacement diplomatique de haut niveau, préparé de longue date mais accéléré par les événements récents, marque une étape décisive dans la stratégie d'ancrage de la République populaire de Chine en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. En consolidant son partenariat privilégié avec l'Égypte, clé de voûte de la sécurité du canal de Suez et du monde arabe, Beijing entend réaffirmer sa position d'acteur géopolitique incontournable et proposer une alternative à l'hégémonie américaine dans la région.

Des accords économiques et d'infrastructures de plusieurs milliards de dollars

Au cœur des discussions entre le président chinois et son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi figure la signature d'un méga-paquet d'investissements stratégiques s'inscrivant dans le cadre de l'initiative des « Nouvelles routes de la soie » (Belt and Road Initiative). Ces contrats concernent la modernisation logistique de la zone économique du canal de Suez (SCZone), l'extension de parcs industriels de haute technologie près de la Nouvelle capitale administrative, ainsi que le financement de centrales solaires géantes dans le sud du pays.

La Chine garantit à l'Égypte des lignes de crédit en yuans (RMB) afin de soulager la monnaie nationale égyptienne et de contourner l'utilisation exclusive du dollar dans les transactions commerciales bilatérales. Ce volet financier est perçu par les observateurs économiques comme une avancée majeure dans le processus de dédollarisation des échanges commerciaux engagé par le bloc des émergents.

 

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Le rôle de médiateur stratégique assumé par Beijing

Au-delà de la coopération économique bilatérale, la présence du leader chinois au Caire revêt une dimension géopolitique de premier ordre. Alors que les frappes américaines dans le détroit d'Hormuz menacent la stabilité des approvisionnements mondiaux, Xi Jinping utilise la tribune du Caire pour présenter le plan de paix chinois pour le Moyen-Orient.

Ce plan met en avant la recherche de solutions négociées fondées sur le respect de la souveraineté des États, le refus des sanctions unilatérales et la garantie de la sécurité maritime par des mécanismes multilatéraux régionaux, excluant les interventions militaires extérieures. En se positionnant comme une puissance d'équilibre, pragmatique et soucieuse de la stabilité des infrastructures de transport (notamment le canal de Suez par lequel transite le commerce sino-européen), Beijing gagne des points auprès des chancelleries arabes et africaines soucieuses d'éviter d'être entraînées dans un conflit mondial.

Bilan geopolitique et réactions des chancelleries occidentales

Pour Washington et ses alliés européens, ce rapprochement spectaculaire entre Le Caire et Beijing constitue un signal de préoccupation majeur. Il témoigne de la perte d'influence progressive des puissances occidentales traditionnelles au profit de la Chine, capable d'aligner puissance financière, investissements industriels et soutien diplomatique sans conditions politiques préalables.

La visite historique de Xi Jinping en Égypte en ce mois de septembre 2026 consacre ainsi l'émergence d'une architecture géopolitique multipolaire au Moyen-Orient, où l'axe Beijing-Le Caire s'affirme comme un contrepoids stratégique de première importance.

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