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Violences Policières — La vidéo de la fouille au corps qui brise le récit officiel

Violences Policières — La vidéo de la fouille au corps qui brise le récit officiel

Paris, 21 janvier 2026. Dans l'ère de l'immédiateté numérique, la vérité ne se décrète plus depuis les bureaux de la Préfecture : elle s'affiche en 4K sur les écrans de millions de citoyens. La vidéo captée par un témoin anonyme au sein du commissariat de la Goutte d'Or — un exploit technique en soi compte tenu des brouilleurs de signaux censés équiper ces zones — a agi comme un acide sur le vernis du communiqué officiel.

Chronique d'une déconstruction visuelle

Le récit initial de la Préfecture de Police de Paris évoquait une « interpellation mouvementée suivie d'un malaise cardiaque en cellule, malgré les soins prodigués ». La vidéo de 127 secondes, diffusée sur les réseaux cryptés avant de saturer l'espace médiatique, raconte une tout autre histoire. On y voit Yanis K., calme mais ferme, refusant de se soumettre à une fouille intégrale sans la présence d'un officier de police judiciaire (OPJ) de permanence.

L'image est nette : trois fonctionnaires de police, dont un brigadier-chef, procèdent à une technique de « mise au sol forcée ». Le genou de l'un des agents reste ancré sur la nuque du jeune homme pendant 184 secondes. Yanis K. prononce distinctement la phrase « Je ne peux plus respirer » à sept reprises. La vidéo s'arrête au moment où le corps du jeune homme devient inerte.

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L'asymétrie de la preuve

D'un point de vue sociologique, cette vidéo marque l'apogée de la « sous-veillance » (le fait que les gouvernés surveillent les gouvernants). Pour le professeur de droit pénal à Paris-II, Jean-Baptiste Vaugirard, « nous assistons à la fin de la parole policière comme preuve souveraine ». Historiquement, le rapport de police bénéficiait d'une présomption de véracité quasi absolue devant les tribunaux. Aujourd'hui, le « pixel-témoin » vient contredire le « papier-témoin ».

Cette preuve visuelle jette une lumière crue sur ce que les universitaires appellent le « point aveugle » de l'État de droit : ces quelques mètres carrés de la salle de fouille où, loin des regards et des caméras de surveillance officielles (souvent déclarées "en panne"), la loi s'efface devant l'arbitraire des corps. La violence montrée n'est pas seulement physique ; elle est symbolique. Elle montre la réduction d'un citoyen à un objet de coercition sous prétexte d'une infraction mineure.

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