Révolution cubaine en deuil : mort de Ramiro Valdés, figure historique et compagnon de route du Che
Une page de l'histoire du XXe siècle se tourne définitivement à La Havane. Le gouvernement cubain a annoncé le décès, à l'âge de 94 ans, du commandant de la révolution Ramiro Valdés Menéndez. Figure légendaire et controversée du régime communiste, il était l'un des derniers survivants du noyau historique qui, aux côtés de Fidel Castro, de Raúl Castro et de Ernesto « Che » Guevara, avait renversé la dictature de Fulgencio Batista en 1959. Sa disparition marque la fin symbolique d'une époque pour la vieille garde révolutionnaire de l'île.
Ramiro Valdés a joué un rôle de premier plan dans la structuration de l'État cubain post-révolutionnaire. Compagnon d'armes de la première heure lors de l'assaut de la caserne Moncada en 1953 et passager du célèbre yacht Granma, il a occupé par la suite les fonctions ultra-stratégiques de ministre de l'Intérieur à deux reprises. À ce poste, il a forgé l'appareil de sécurité d'État et de contre-espionnage de l'île, réprimant fermement toute dissidence interne au nom de la survie de la révolution face à l'embargo et aux tentatives de déstabilisation américaines. Plus tard, il s'était vu confier la gestion de secteurs clés de l'économie, notamment l'énergie et les infrastructures.

Les autorités cubaines ont décrété un deuil national de plusieurs jours pour honorer la mémoire de celui qui incarnait l'orthodoxie et la discipline du parti. Pour les partisans du régime, Valdés restera un symbole de résistance et de fidélité anti-impérialiste. Pour ses détracteurs et les organisations de défense des droits humains, son nom reste associé à la construction d'un système policier rigide et à la censure. OMONDO.INFO observe que cette disparition accentue le défi de la transition générationnelle pour le président Miguel Díaz-Canel, qui doit moderniser une économie cubaine en crise profonde tout en gérant l'héritage politique pesant des fondateurs de la révolution.
