Philippines : Procédure d'impeachment contre Sara Duterte, la guerre des dynasties Marcos-Duterte explose
Développement (Analyse politique) :
L'unité de façade entre les deux plus puissantes familles des Philippines a définitivement volé en éclats. Ce 7 février 2026, le pays est suspendu à la procédure de destitution (impeachment) visant la vice-présidente Sara Duterte, fille de l'ancien président Rodrigo Duterte. Accusée de détournement de fonds confidentiels et de trahison de la confiance publique, elle fait face à une offensive législative sans précédent menée par des membres de la Chambre des représentants, avec la bénédiction tacite du président Ferdinand "Bongbong" Marcos Jr.
Une lutte pour le contrôle total de l'archipel
Ce qui semble être une affaire de corruption est en réalité une bataille pour la survie politique. Les clans Marcos et Duterte, alliés lors de l'élection de 2022, se disputent désormais le contrôle des institutions en vue des prochaines échéances. Sara Duterte, dont la popularité reste forte dans le Sud (Mindanao), dénonce une "persécution politique" orchestrée par Manille. En toile de fond, les enquêtes de la Cour Pénale Internationale (CPI) sur la "guerre contre la drogue" lancée par son père ajoutent une pression judiciaire immense sur la vice-présidente.

Les risques d'une crise constitutionnelle
Si l'impeachment aboutit, les Philippines pourraient sombrer dans une instabilité chronique. Les partisans des Duterte menacent de descendre dans la rue, tandis que l'armée reste, pour l'heure, observatrice. Pour OMONDO.INFO, cette crise illustre la fragilité des démocraties dynastiques où l'appareil d'État devient l'arène de vendettas familiales. Le blocage des réformes économiques et le délaissement des enjeux sociaux sont les premières victimes de ce bras de fer au sommet de l'État.
