Niger à l’ONU : Niamey accuse Paris sur l’uranium, victoire judiciaire d’Orano
La question de l’uranium nigérien, ressource stratégique majeure, est au cœur d’un conflit diplomatique international qui s’est récemment cristallisé à l’Organisation des Nations unies. Niamey a publiquement accusé la France de faire obstruction à son exploitation souveraine du minerai, un débat qui s’est intensifié depuis qu’un tribunal sous l’égide du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) a rendu une décision favorable à l’entreprise française Orano.
Dans un discours assumé à l’Assemblée générale de l’ONU, le gouvernement nigérien a dénoncé des pratiques jugées abusives de la part de Paris, reprochant à l’ancienne puissance coloniale d’entraver la pleine jouissance de ses ressources naturelles. Le président nigérien a souligné que « l’uranium du Niger appartient au Niger » et a appelé la communauté internationale à respecter la souveraineté économique de son pays.

De son côté, Orano, acteur clé sur le marché mondial de l’uranium, a présenté ce jugement comme une victoire juridique majeure, validant ses droits dans ce dossier complexe et sensible. La société a rappelé son engagement dans le développement local, tout en soulignant que la résolution des différends passait désormais par des voies légales et diplomatiques.
Cette confrontation illustre les tensions persistantes entre des enjeux économiques, politiques et géopolitiques autour des ressources minières africaines, souvent au cœur de querelles post-coloniales. Le Niger, premier producteur africain d’uranium, joue un rôle essentiel dans l’approvisionnement nucléaire mondial, renforçant ainsi l’importance stratégique de ce dossier.
