Le Sommet de l’Élysée — Emmanuel Macron face aux 27, imposer un leadership de rupture
Paris, Palais de l’Élysée, 21 janvier 2026. Sous les ors de la salle des Fêtes, l'atmosphère n'est plus à la "photo de famille" consensuelle. Le Sommet extraordinaire des 27 chefs d'État et de gouvernement, convoqué en urgence par la présidence française, s'est ouvert sur une tension palpable. Emmanuel Macron, fort de son discours de Berlin, tente désormais de transformer l'essai : passer de la rhétorique de la "Troisième Voie" à une structure institutionnelle de rupture.
La Doctrine du "Noyau de Souveraineté"
Le cœur de la proposition française, surnommé le « Protocole Élysée 2026 », vise à créer un Directoire de Défense et d’Économie restreint. Face aux lenteurs bureaucratiques de l’UE à 27, Macron propose un mécanisme d'intégration différenciée. L'idée est simple mais radicale : ceux qui veulent avancer sur une défense commune et une politique industrielle agressive (notamment la France, l'Allemagne, l'Italie et les Pays-Bas) doivent pouvoir le faire sans être freinés par les vetos de Budapest ou de Varsovie.
Cette stratégie de rupture s'appuie sur un constat de Realpolitik. Le système de décision à l'unanimité est devenu le talon d'Achille de l'Europe face à la célérité de décision de Washington ou de Pékin. « L'Europe ne peut plus se permettre d'être une Suisse géante, neutre et commerçante, alors que le monde se réarme », a confié un conseiller diplomatique de l'Élysée.

Les résistances : Entre atlantisme et frilosité budgétaire
Le sommet a cependant révélé des lignes de fracture profondes. La Première ministre estonienne, Kaja Kallas, bien que partisane d'une défense forte, a exprimé son inquiétude quant à un affaiblissement du lien avec l'OTAN. De son côté, le bloc des "Frugaux", mené par l'Autriche, s'oppose à la création d'un nouveau fonds de souveraineté financé par une dette commune, craignant une dérive inflationniste.
Pourtant, Emmanuel Macron dispose d'un levier inédit : la menace d'un désengagement industriel. En brandissant les chiffres de la fuite des capitaux européens vers les États-Unis (estimée à 180 milliards d'euros depuis le passage de l'IRA II), il place ses partenaires devant un choix binaire : l'intégration ou l'obsolescence. Le leadership de rupture imposé ici par Paris marque une volonté de transformer l'Union Européenne en une véritable puissance géopolitique, capable de projeter sa force au-delà de ses frontières normatives.
