Le Rail de la Souveraineté : Le Corridor de Lobito et le Nouveau Pacte Africain
Le Corridor de Lobito, ce ruban d'acier qui relie les entrailles minières de la République Démocratique du Congo au port angolais de Lobito, est devenu en ce 6 février 2026 l'artère la plus surveillée du commerce mondial. Ce projet, soutenu par des capitaux occidentaux pour contrer l'influence chinoise, est bien plus qu'une infrastructure de transport. C'est le terrain d'une lutte acharnée pour la définition même de la souveraineté africaine au XXIe siècle.
Sortir de la malédiction de l'extraction
Pendant un siècle, l'Afrique a été perçue comme un réservoir de matières premières à ciel ouvert. Le cobalt, le cuivre et le lithium nécessaires à la révolution électrique mondiale ont longtemps quitté le continent sous forme brute, laissant derrière eux pollution et pauvreté. Pour OMONDO, le Corridor de Lobito doit marquer la fin de ce cycle. L'Angola, la Zambie et la RDC exigent désormais une "clause de transformation locale". L'enjeu est simple : pas de minerai exporté sans qu'une partie de la valeur ajoutée (raffinage, pré-assemblage) ne soit réalisée sur le sol africain. C'est une épreuve de force avec les géants de la Tech mondiale. En 2026, le rail africain n'est plus un outil de drainage, mais une arme de négociation.

Un test pour la stabilité régionale
La protection de cette infrastructure contre les groupes armés et les sabotages politiques exige une coopération militaire inédite. Mais la véritable sécurité du corridor ne viendra pas des drones ou des gardes privés ; elle viendra de son appropriation par les populations locales. Si le train ne fait que passer sans apporter l'électricité, l'emploi et le désenclavement aux villages qu'il traverse, il restera une cible. Le succès de Lobito sera le succès de l'Afrique entière : prouver que le continent peut être le partenaire indispensable de la transition énergétique mondiale, non pas comme un fournisseur soumis, mais comme un acteur industriel respecté.
