Le Pacte de Non-Agression — L’alliance de la "Tenaille" (Le Pen - Mélenchon)
Hôtel de Lassay, 08h00.
L'histoire politique française est faite de ralliements imprévus, mais le « Pacte du 21 janvier » entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon fera date comme l’effondrement définitif du « cordon sanitaire ». À 8h00 précises, les deux leaders ont déposé sur le bureau de la Présidente de l’Assemblée une motion de censure commune. Ce n’est pas une alliance de gouvernement — leurs visions du monde restant irréconciliables — mais un pacte technique de destruction de l’exécutif.
La théorie du "bloc de résistance"
Ce rapprochement s'appuie sur une lecture commune de la crise institutionnelle : l’exécutif est accusé de transformer la Ve République en une « autocratie managériale ». Le texte de la motion, co-rédigé par Jordan Bardella et Manuel Bompard, pointe trois manquements graves :
- L’abus constitutionnel : L’usage systématique du 49.3 pour des réformes de structure.
- L’aliénation technologique : La livraison du marché du travail aux intérêts des Big Tech américaines.
- La rupture de l’ordre public : La gestion jugée répressive des tensions dans les quartiers populaires (faisant écho à l'affaire Yanis K.).

Un calcul arithmétique mortel
L’arithmétique parlementaire est désormais le cauchemar de l’Élysée. Pour que la motion de censure soit adoptée, elle doit recueillir la majorité absolue de 289 voix.
- RN + Alliés : 142 voix.
- LFI + NUPES 2.0 : 131 voix.
- Total : 273 voix.
Il ne manque que 16 voix issues des rangs des Républicains (LR) ou du groupe Liot pour faire tomber le gouvernement. Au sein de la droite traditionnelle, la fracture est béante. Une partie de la base LR ne supporte plus de servir de « béquille » à un pouvoir qui déstabilise l’ordre social. Le vote, prévu pour vendredi à 16h00, place la France au bord d’une dissolution de l’Assemblée nationale.
Ce « Pacte de Non-Agression » est la manifestation politique de la théorie de la fer à cheval : les extrêmes se rejoignent non pas sur les solutions, mais sur la désignation de l’ennemi. Pour Emmanuel Macron, c'est le scénario du pire : une opposition capable de taire ses querelles pour paralyser l'État.
