Donald Trump se trompe-t-il en refusant de changer les régimes étrangers ? Cette question déchire les intellectuels et les diplomates en ce début d'année 2026. Pendant trente ans, de la chute du Mur de Berlin aux Printemps arabes, l'Occident a vécu sous l
Donald Trump se trompe-t-il en refusant de changer les régimes étrangers ? Cette question déchire les intellectuels et les diplomates en ce début d'année 2026. Pendant trente ans, de la chute du Mur de Berlin aux Printemps arabes, l'Occident a vécu sous le dogme du "devoir d'ingérence". L'idée était noble : les droits de l'homme n'ont pas de frontières. Mais la réalité a été celle de guerres sans fin et d'États faillis.
Le retour à la Westphalie
En abandonnant le Regime Change, Trump opère un retour brutal aux traités de Westphalie du XVIIe siècle : la reconnaissance absolue de la souveraineté des États sur leur territoire, quelle que soit la nature de leur gouvernement. Pour les réalistes, c'est la fin de l'hypocrisie et du chaos exporté. Pour les humanistes, c'est une trahison infâme des peuples opprimés. Pour OMONDO, ce débat cache une mutation plus profonde : l'Occident a perdu la confiance en ses propres valeurs. S'il n'est plus capable de proposer un modèle séduisant, il refuse de l'imposer par les armes.
Le vide moral du nouveau siècle
Le risque de cette doctrine est la création d'un monde "libre d'éthique" où les dictatures peuvent prospérer sans crainte d'une intervention extérieure. Si l'Amérique ne se porte plus au secours des dissidents russes ou iraniens, qui le fera ? L'Europe est-elle prête à assumer ce fardeau moral ? Le "manifeste de la Concorde" de Christian Sabba Wilson nous rappelle que l'unité commence par la protection des nôtres, mais l'humanité finit là où l'on cesse de se soucier du voisin. La fin de l'ingérence est peut-être le début d'une ère de stabilité cynique, mais c'est aussi le crépuscule d'une certaine idée de la solidarité humaine universelle.
