Angela Merkel critiquée après avoir imputé la responsabilité partielle de la guerre en Ukraine à la Pologne et aux pays baltes
Dans une interview accordée à un média hongrois début octobre 2025, l’ancienne chancelière allemande Angela Merkel a provoqué une onde de choc politique majeure en attribuant une part de responsabilité à la Pologne et aux pays baltes dans le déclenchement de la guerre en Ukraine. Selon elle, une opportunité diplomatique cruciale à l’été 2021 aurait pu empêcher l’invasion russe, mais cette initiative a été sabordée par la réticence de ces pays à soutenir des négociations directes avec Vladimir Poutine.
Angela Merkel a expliqué qu’à l’été 2021, alors qu’elle était encore en fonction, elle avait proposé une forme de dialogue conjoint entre l’Union européenne et la Russie, visant à instaurer un cessez-le-feu durable basé sur les accords de Minsk. Elle a toutefois évoqué le refus catégorique de la Pologne et des pays baltes, motivé par une crainte de voir s’effriter la politique commune européenne vis-à-vis de la Russie, ces nations préférant adopter une position dure face à Moscou.

Ses propos ont suscité une réprobation virulente de la part des dirigeants et personnalités politiques des pays visés. Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a qualifié ces déclarations d’« irréfléchies » et de destructrices pour l’Europe. En Estonie, le ministre des Affaires étrangères Margus Tsahkna a dénoncé une position qui « ressemble à une propagande russe » et a souligné que la guerre résulte du refus russe d’accepter la chute de l’Union soviétique et ses ambitions impérialistes.
Ces réactions illustrent la délicate gestion des mémoires historiques et des perceptions géopolitiques en Europe de l’Est, où la crainte d’une nouvelle expansion russe demeure vive. Le différend met aussi en lumière les divisions internes à l’Union européenne dans la gestion de la crise ukrainienne.
Pour Angela Merkel, qui a occupé la chancellerie de 2005 à 2021, ces déclarations s’inscrivent dans une volonté de réévaluer les échecs diplomatiques ayant mené à la guerre. Elle souligne que la non-prise au sérieux des accords de Minsk a été un tournant décisif qui a laissé la porte ouverte à l’agression russe.
Au-delà des polémiques, cette controverse relance le débat sur l’efficacité de la diplomatie européenne et la nécessité de cohérence dans les relations internationales face aux menaces sécuritaires.
