Diego Garcia 2026 : Le "Guantanamo de l'Océan Indien" au cœur du bras de fer Londres-Washington
Par la Rédaction d'Omondo.info Temps de lecture : 7 minutes | 980 mots
Un héritage colonial qui s'embrase
Alors que le gouvernement britannique de Keir Starmer pensait avoir réglé le contentieux historique des Chagos en signant un accord de principe avec Port-Louis, l'administration Trump vient de jeter un pavé dans la mare. Ce 19 février, Washington a officiellement notifié à Londres que le transfert de souveraineté vers l'île Maurice est considéré comme "une menace directe pour la sécurité nationale des États-Unis".
Le verrou de l'Océan Indien
Diego Garcia n'est pas une base ordinaire. C'est le point d'appui logistique majeur pour les bombardiers B-52 et les sous-marins nucléaires opérant vers le Moyen-Orient et la mer de Chine méridionale. Dans le contexte de l'escalade avec l'Iran, cette base est devenue non négociable pour le Pentagone. "Nous ne laisserons pas une juridiction étrangère, fût-elle alliée, interférer avec la gestion de notre infrastructure la plus stratégique au monde", a déclaré le porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain.

L'humiliation de Downing Street
Pour Keir Starmer, la gifle est monumentale. Le Premier ministre britannique avait fait de la résolution du dossier des Chagos une preuve de son respect pour le droit international. Aujourd'hui, il est sommé de choisir : renier sa parole et s'incliner devant Trump, ou risquer une rupture diplomatique avec son allié le plus puissant. Le Times of London souligne que cette situation place le Royaume-Uni dans une position de "vassalité humiliante", loin de la promesse d'une "Global Britain" souveraine.
La voix des Chagossiens étouffée
Au milieu de ce jeu d'échecs, les premiers concernés, les Chagossiens, voient leur espoir de retour s'évanouir. L'analyse d'Omondo.info met en lumière un paradoxe cruel : au nom de la liberté et de la démocratie défendues face à Téhéran, on piétine le droit d'un peuple à retrouver sa terre. La base de Diego Garcia devient, en 2026, le symbole d'une realpolitik où la géographie militaire l'emporte sur toute considération morale.
