Népal en pleine tourmente : l’armée reprend Katmandou après des émeutes meurtrières et la démission du Premier ministre
Le Népal est plongé dans une profonde crise politique et sociale après plusieurs jours d’émeutes violentes à Katmandou qui ont fait au moins 19 morts et plus de 400 blessés. Ces troubles ont conduit à la démission du Premier ministre Khadga Prasad Sharma Oli, symbole d’un gouvernement fragilisé et contesté. L'armée a pris le contrôle de la capitale, imposant un couvre-feu pour tenter de restaurer l’ordre dans une situation où la colère populaire contre la corruption et la censure numérique a atteint un point critique.
Depuis le début des manifestations, la jeunesse népalaise s’est massivement mobilisée contre un régime accusé de dérives autoritaires, notamment la suppression des réseaux sociaux dans un pays où l'accès à l'information devient vital pour la société civile. Malgré les tentatives de répression par la police, les contestataires ont réussi à mettre le feu au Parlement national et à plusieurs bâtiments publics. Cette violence a marqué un véritable tournant qui a poussé le pouvoir politique à lâcher du lest, avec la démission de Khadga Prasad Sharma Oli dans un contexte de forte pression populaire.

L’armée, après avoir été réticente à intervenir, a pris le contrôle de la capitale pour répondre à la demande présidentielle, imposant des patrouilles et un couvre-feu strict. Cette militarisation reflète la gravité de la crise et soulève de nombreuses inquiétudes sur le respect des droits de l’homme, tout en suscitant un large appel international pour un dialogue inclusif et une transition démocratique pacifique. Les organisations internationales, dont l’ONU, appellent à la retenue et au respect des libertés fondamentales tandis que les pays voisins, l’Inde et la Chine, proposaient récemment leur médiation pour éviter un embrasement régional.
La situation laisse présager une période d’instabilité prolongée, avec un système politique en recomposition et une société mobilisée qui réclame des réformes profondes. Cette crise, par son ampleur et sa violence, illustre les défis complexes auxquels le Népal est confronté dans sa quête de consolidation démocratique et sociale.
