Le 10 septembre en France, un mouvement inédit à la croisée entre Gilets jaunes et contestation citoyenne
Le 10 septembre 2025 pourrait être une journée charnière dans l’histoire sociale française. Après plusieurs semaines d’assemblées générales et de mobilisations numériques, le mouvement « Bloquons tout » s’apprête à rassembler en France un mouvement de contestation large, hétérogène et potentiellement historique, avec plus de 100 000 participants attendus selon les services de renseignement.
Né à l’origine d’un groupuscule d’extrême droite intitulé « Les Essentiels », le 10 septembre a rapidement évolué vers un mouvement majoritairement soutenu par des militants de gauche, des syndicats, des jeunes engagés et des citoyens issus des classes populaires. Dans les grandes villes comme Paris, Lyon, Montpellier, Lille, ou encore dans des agglomérations plus modestes, des assemblées générales citoyennes se sont multipliées, souvent organisées par des groupes éclectiques qui se revendiquent d’une contestation sociale, écologique, féministe et démocratique.
Si le mouvement partage certains traits avec les Gilets jaunes de 2018-2019, notamment l’indépendance vis-à-vis des organisations traditionnelles et le rejet des élites, il s’en différencie néanmoins par une plus forte coloration politique et sociale, avec une vigilance particulière exercée contre la présence des extrémistes d’extrême droite dans les rassemblements physiques. À Paris, Toulouse ou Montpellier, un consensus informel instaure l’exclusion immédiate des militants d’extrême droite, tandis que le dialogue reste ouvert avec d’autres profils militants divers.

Les revendications principales tournent autour du rejet du plan d’austérité gouvernemental de François Bayrou, qui prévoit plus de 40 milliards d’euros d’économies via des coupes dans la sécurité sociale, la fonction publique et la suppression de jours de congé. Ces mesures, jugées « injustes » par une fraction massive de la population, alimentent une colère sociale palpable, traduite dans un appel à la grève, aux blocages, et aux manifestations.
En amont, la journée sera marquée par des initiatives symboliques comme des « pots de départ » en hommage ironique à Bayrou, des blocages d’axes routiers, des occupations symboliques de places publiques et des actions directes contre radars et distributeurs automatiques. Ce maillage d’actions pourrait renforcer la visibilité du mouvement et amplifie l’inquiétude des autorités.
Ce réveil citoyen intervient dans un contexte politique instable, avec la chute récente du gouvernement et l’absence de majorité claire pour gouverner. Cette convergence autour du 10 septembre pose la question de la capacité des partis traditionnels à répondre aux aspirations profondes d’une société fracturée entre paupérisation, défiance et volonté de changement.
