La CGT lance un appel au boycott des marques Oxford et Conquérant : un bras de fer avant la rentrée scolaire
La rentrée scolaire 2025 s’approche à grands pas et déjà une tension majeure secoue le secteur des fournitures scolaires en France. La CGT a appelé à un boycott massif des célèbres marques Oxford et Conquérant, toutes deux filiales du groupe Hamelin en grave difficulté, menaçant ainsi de perturber la distribution habituelle des cahiers, stylos et autres accessoires indispensables aux élèves du primaire et du secondaire. Ce mouvement s’inscrit dans une contestation plus large liée à la liquidation judiciaire du papetier, une crise qui plonge des milliers de salariés dans l’incertitude et inquiète les familles et les établissements scolaires.
Les raisons de ce boycott repoussé à la dernière minute par le syndicat sont multiples. D’une part, il s’agit d’une réaction à la précarisation brutale des emplois, avec des suppressions massives de postes annoncées dans plusieurs usines et centres logistiques. D’autre part, c’est une manière de mettre la pression sur la direction du groupe et sur l’État pour obtenir des garanties sur la sauvegarde des emplois, sur les conditions de travail et sur un plan de relance viable. La qualité du matériel scolaire fait également partie des préoccupations, les salariés dénonçant une baisse de la fabrication française au profit d’importations moins contrôlées.

Pour les syndicats, la rentrée 2025 pourrait être marquée par un conflit social important, dans un contexte déjà tendu par la hausse du coût de la vie et les difficultés économiques traversées par plusieurs secteurs en France. Les représentants CGT estiment qu’un boycott collectif pourrait peser lourd dans la balance pour obtenir une sortie de crise équitable. Ce mouvement bénéficie d’une forte mobilisation chez les salariés, qui craignent de perdre non seulement leur emploi mais aussi le savoir-faire local qui fait la réputation historique des marques.
Face à cette situation, les pouvoirs publics appellent au dialogue. Le ministère du Travail a proposé d’ouvrir des négociations approfondies avec Hamelin et les syndicats, tout en rappelant l’importance d’assurer la continuité de la chaîne d’approvisionnement scolaire pour éviter un impact direct sur le déroulement de la rentrée. Les fédérations de parents d’élèves, elles, s’inquiètent des possibles pénuries et appellent à la responsabilité de chacun.
De leur côté, plusieurs grandes surfaces et distributeurs alternatifs s’organisent pour renforcer leurs stocks avec des marques concurrentes, afin de prévenir tout risque de rupture. Les parents sont invités à anticiper leurs achats et à rester attentifs aux éventuelles annonces. Dans les écoles, les enseignants commencent à s’adapter à ce climat d’incertitude, conscients que l’arrière-plan social pourrait perturber le début de l’année scolaire.

Au-delà du conflit immédiat, cette crise interroge sur les modèles industriels français liés à l’école et à la papeterie. Elle soulève la question du maintien d’une production locale face à la mondialisation et à la domination croissante des géants asiatiques sur les produits de consommation courante. La qualité, la durabilité et la signature « made in France » sont ainsi au cœur des débats.
Ce bras de fer prévu avant la rentrée scolaire 2025 sera un test majeur pour les acteurs économiques et sociaux impliqués, et pourrait faire figure de symbole dans une année déjà marquée par de multiples contestations dans d’autres secteurs clés.
