Jets de peinture sur des lieux juifs – Trois étrangers interpellés, l’antisémitisme à l’épreuve de la République
Plusieurs lieux de culte et bâtiments communautaires juifs à Paris et en banlieue ont été la cible de jets de peinture rouge et noire dans la nuit du 2 juin 2025. Trois personnes de nationalité étrangère ont été interpellées. Ce nouvel épisode relance le débat sur la sécurité des communautés juives et la montée de l’intolérance en France.
Des attaques coordonnées au cœur de Paris
Plusieurs synagogues, écoles et centres communautaires du 11e, 19e et 20e arrondissements de Paris, ainsi qu’à Montreuil, ont été visés par des jets de peinture et des tags à caractère antisémite. Les images de vidéosurveillance ont permis d’identifier rapidement les auteurs présumés, trois hommes âgés de 22 à 31 ans, tous en situation irrégulière sur le territoire français.
La préfecture de police a salué la rapidité de l’intervention des forces de l’ordre, qui ont interpellé les suspects alors qu’ils tentaient de prendre la fuite. Une enquête pour « dégradations en réunion à caractère antisémite » a été ouverte.
Réactions officielles et mobilisation politique
Le ministre de l’Intérieur s’est rendu sur les lieux d’une synagogue profanée, exprimant sa « solidarité totale » avec la communauté juive et promettant de « tout mettre en œuvre pour retrouver et sanctionner les coupables ». La maire de Paris a dénoncé « un acte odieux, qui blesse la République et ses valeurs ».
Les principales organisations juives ont appelé à un rassemblement de soutien et à une « mobilisation citoyenne contre la haine ». Plusieurs élus de tous bords ont condamné ces actes, certains réclamant un renforcement de la sécurité autour des lieux de culte.

Montée de l’antisémitisme ou acte isolé ?
Cet épisode intervient dans un contexte de hausse des actes antisémites en France, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. En 2024, plus de 1 000 faits ont été recensés, soit une augmentation de 15 % par rapport à l’année précédente. Les responsables communautaires expriment leur inquiétude face à une « banalisation de la haine ».
Pour autant, certains analystes appellent à la prudence, rappelant que la majorité des actes antisémites sont le fait d’individus isolés ou de petits groupes, sans lien avec des réseaux structurés.
Les réseaux sociaux, caisse de résonance de la haine
Les réseaux sociaux jouent un rôle ambivalent dans la diffusion de l’antisémitisme. D’un côté, ils permettent de dénoncer rapidement les actes et de mobiliser l’opinion publique ; de l’autre, ils servent de caisse de résonance à des discours haineux, souvent relayés par des comptes anonymes ou des groupes radicaux.
Sécurité renforcée et prévention
Face à la multiplication des actes antisémites, le gouvernement a annoncé un plan de sécurisation renforcée des lieux de culte juifs, avec la mobilisation de policiers, de militaires et l’installation de caméras supplémentaires. Les associations réclament également un effort accru de prévention, notamment dans les écoles, pour sensibiliser les jeunes à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme.
Un enjeu pour la cohésion nationale
La question de l’antisémitisme touche à la cohésion nationale et à l’image de la France à l’étranger. Le président de la République a rappelé que « l’antisémitisme n’est pas une opinion, mais un délit » et que la République ne tolérera jamais la haine envers une partie de ses citoyens.
