« The Line » en Arabie Saoudite : Entre vertige technologique et dilemme écologique
TABUK, ARABIE SAOUDITE — En ce 17 janvier 2026, les premiers segments habitables de The Line, la mégalopole miroir de 170 kilomètres de long, accueillent leurs premiers résidents. Ce projet, cœur battant de la vision NEOM, n'est plus une simple image de synthèse : c'est une réalité physique qui défie toutes les lois de l'urbanisme traditionnel. Construite sur une largeur de seulement 200 mètres, la ville s'élève à 500 mètres au-dessus du niveau de la mer, sans routes ni voitures.
Une utopie verticale à haute densité
Le concept de "Zéro Gravité Urbaine" est ici poussé à son paroxysme. Les fonctions vitales — travail, loisirs, santé, éducation — sont superposées de manière à ce que chaque résident puisse accéder à ses besoins en moins de cinq minutes à pied. Un train à très haute vitesse circulant en sous-sol permet de relier les deux extrémités de la structure en 20 minutes.

L’ombre au tableau : Le coût environnemental et humain
Si le gouvernement saoudien vante une ville alimentée à 100 % par des énergies renouvelables, les critiques internationales restent acerbes. Les experts en biodiversité s'inquiètent de l'effet "muraille" sur les migrations animales et du bilan carbone colossal de la production de verre et d'acier nécessaire. En 2026, The Line incarne le paradoxe suprême : une prouesse d'ingénierie qui se veut salvatrice pour le climat, mais dont la construction même interroge la viabilité des méga-projets dans un monde aux ressources finies.
