Fiscalité 2026 : L'assouplissement du "Dispositif Coluche" face à l'urgence sociale
Un bouclier fiscal pour la solidarité
Face à une inflation qui, bien que ralentie, a laissé des traces indélébiles sur le pouvoir d'achat des Français, le gouvernement a tranché. Le "Dispositif Coluche", qui permet une réduction d'impôt de 75 % pour les dons aux organismes d'aide aux personnes en difficulté, voit son plafond exceptionnel relevé et pérennisé pour l'année 2026. Cette décision, très attendue par les acteurs du secteur caritatif, intervient alors que les banques alimentaires enregistrent une hausse de 15 % de la demande en ce début d'hiver.
Pourquoi cette mesure est-elle stratégique ?
En augmentant le plafond des dons éligibles à 1 200 euros (contre 1 000 euros précédemment), l'État délègue une partie de l'action sociale au secteur privé et associatif. C’est une réponse pragmatique : chaque euro défiscalisé permet de lever des fonds privés massifs pour compenser le retrait progressif de certaines aides publiques directes. Pour les Restos du Cœur, le Secours Populaire ou la Croix-Rouge, c’est une bouffée d’oxygène vitale. "Sans cet incitatif fiscal, nous serions incapables de faire face à la vague de nouveaux demandeurs, notamment des travailleurs pauvres et des étudiants", souligne un responsable associatif.
Vers une philanthropie à la française ?
L'enjeu de 2026 est de transformer ce réflexe d'urgence en un soutien structurel. Le débat parlementaire a également ouvert la voie à une extension de ce dispositif pour les dons en nature (invendus alimentaires et produits d'hygiène), incitant les entreprises de la grande distribution à une gestion plus éthique de leurs stocks. La France tente ici de concilier rigueur budgétaire et maintien du lien social par la générosité incitative.
