Zelensky opte pour le remaniement pour stabiliser la situation faute de succès au front contre la Russie
Face à un front gelé, une opinion publique fatiguée par les privations et une pression militaire russe inchangée, Volodymyr Zelensky vient d’annoncer un remaniement politique d’ampleur à Kiev. Ce geste, qui intervient après de longs mois d’atermoiements, vise à enrayer le sentiment de stagnation qui mine la société ukrainienne et à préparer l’après-guerre, alors que ni percée diplomatique ni victoire militaire nette ne semblent se dessiner.
Un remaniement sous le signe de l’urgence
Le président Zelensky, en place depuis 2019 et héros national de la résistance à l’invasion russe, a annoncé la dissolution de son gouvernement et un renouvellement profond de ses équipes. Sont visés directement les ministères de la Défense, de l’Économie et de l’Intérieur, accusés de manque d’efficacité dans la gestion des lignes de front mais aussi des pénuries logistiques et humanitaires. Ont été évoquées : la corruption persistante dans les marchés publics militaires, le manque d’écoute des territoires occupés ou menacés par l’offensive russe, ainsi que l’exaspération des élus locaux, parfois livrés à eux-mêmes.
Un contexte social et militaire délétère
Depuis le début de l’année 2025, la stratégie ukrainienne de reconquête piétine. La Russie maintient sa pression dans le Donbass et au sud du pays, tout en consolidant ses lignes et en multipliant les frappes de drones sur Kiev et Odessa.
Sur le plan social, la lassitude s’est installée : difficultés économiques, inflation sur les produits de première nécessité, exode massif des jeunes, ralentissement de l’aide militaire européenne… Les mobilisations de réservistes peinent, la résistance civile s’use, et la classe politique nationale bruissait de rumeurs de “véritable remaniement”.
Un pari risqué mais attendu
Par ce geste, Zelensky espère raviver une dynamique de mobilisation intérieure et, surtout, rassurer sur la capacité d’adaptation de l’État ukrainien. Cette stratégie vise d’abord à restaurer la confiance des citoyens — condition sine qua non pour solliciter une nouvelle vague d’aide de l’UE et des États-Unis à l’automne — mais aussi à montrer aux alliés que Kiev sait remplacer ses dirigeants si la situation l’exige.
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Réactions internationales et attentes européennes
À Bruxelles, Washington ou Berlin, la manœuvre du président ukrainien est saluée comme un acte d’autorité, tout en signalant la gravité de l’impasse militaire actuelle. Les chancelleries occidentales conditionnent désormais leur soutien à des avancées réelles sur la lutte contre la corruption et la capacité du gouvernement à proposer une sortie de crise socio-économique.
Vers une nouvelle feuille de route ?
Zelensky mise sur une équipe plus jeune, ouverte au dialogue avec les régions, et une administration formée à la diplomatie multilatérale. Les priorités en vue :
- Accélérer la reconstruction civile dans l’ouest du pays,
- Renforcer la logistique et les soutiens dans le Donbass,
- Miser sur le numérique et la cyberdéfense, le soft power, la gestion rapide des aides,
- Préparer la société ukrainienne à toutes les options (paix négociée, poursuite du conflit ou “guerre gelée”).
Conclusion
Ce remaniement annoncé acte l’incapacité de Kiev à inverser la tendance militaire mais démontre un réflexe de survie politique typique des démocraties sous stress majeur. Pour l’Ukraine, il s’agit d’ouvrir une nouvelle séquence de son histoire, où la stabilité politique et la capacité à “garder le cap” pourraient, à terme, compter autant que la victoire sur le terrain.
