Ukraine : l’Inde promet à Trump de cesser les achats de pétrole russe
Chapeau
Le président Trump a obtenu de l’Inde, mercredi 15 octobre 2025, l’engagement de mettre fin « bientôt » à ses achats massifs de pétrole russe. Cet accord marque un tournant stratégique dans la pression occidentale visant à priver Moscou de fonds pour son effort de guerre en Ukraine et accentue l’isolement énergétique de la Russie sur la scène internationale.
Introduction
Dans une annonce soigneusement scénarisée depuis le Bureau ovale, Donald Trump a frappé un grand coup diplomatique : il a affirmé que le Premier ministre indien, Narendra Modi, lui avait garanti « qu’ils n’achèteraient plus de pétrole à la Russie ». Cette nouvelle fracture dans les alliances énergétiques mondiales signale une intensification de la stratégie de sanctions américaines contre Moscou, tout en redéfinissant le rôle international de l’Inde.
Un marché pétrolier sous tension
Derrière cette annonce, un marché global. Les achats indiens de pétrole russe ont explosé depuis l’invasion de l’Ukraine, passant de 1 milliard à près de 53 milliards de dollars entre 2021 et 2024, faisant de New Delhi le deuxième client énergétique du Kremlin après la Chine. Selon les données de la fondation Observer Research, l’Inde absorbe à elle seule plus du tiers des exportations russes de brut.
Cette manne pétrolière permettait à Moscou de contourner les sanctions occidentales, d’alimenter le conflit en Ukraine… et de renforcer la stabilité du rouble.
L’influence américaine : une tactique du bâton et de la carotte
Washington avait multiplié les avertissements envers New Delhi : « nous n’étions pas satisfaits qu’il achète du pétrole à la Russie, car cela permet à Moscou de poursuivre cette guerre ridicule », martelait Donald Trump. Pour forcer la main, le président américain avait relevé à 50 % les droits de douane à l’importation sur plusieurs produits indiens en août 2025. La rencontre avec le Premier ministre indien a officiellement débloqué la situation, même si la mise en œuvre sera graduelle.
Cette réussite donne un élan nouveau à la stratégie de Trump : « il me reste maintenant à convaincre la Chine », précisait-il. L’objectif affiché est clair : couper la Russie de ses ressources en devises et l’asphyxier financièrement.
Un partenariat sous surveillance
Derrière les sourires affichés à Washington, les observateurs notent que l’Inde laissera sans doute s’écouler une période de transition. Les précédents accords russo-Indiens, renforcés depuis 2022 à travers neuf protocoles bilatéraux portant sur l’énergie, la défense et la recherche, ne pourront être démantelés du jour au lendemain.
Les États-Unis dénoncent en outre la revente de pétrole russe sur le marché libre par des traders indiens, qui aurait gonflé les revenus de Moscou malgré les sanctions. Cette pratique devrait aussi s’interrompre après l’accord obtenu le 15 octobre.

Conséquences immédiates : marché et diplomatie
La réaction ne s’est pas fait attendre : la roupie indienne s’est fortement appréciée sur le marché des devises, saluant à la fois l’annonce américaine et l’intervention massive de la banque centrale indienne pour soutenir la monnaie nationale face au dollar. Les analystes y voient une volonté de l’Inde de maintenir son attractivité pour les investissements américains.
Mais l’arrêt des achats de brut russe devrait aussi peser sur le coût de l’énergie en Inde, qui bénéficiait de rabais importants avec Moscou. Cette contrainte pourrait rouvrir le débat sur la diversification énergétique et accélérer la transition vers d’autres fournisseurs, dont les États-Unis et le Moyen-Orient.
Chute
En obtenant cet engagement, l’administration Trump remporte une victoire majeure de politique étrangère : elle isole un peu plus Moscou sur la scène internationale, teste la fiabilité de ses alliés en Asie, et repositionne l’Inde à la croisée des intérêts américains et russes. Reste à savoir si l’accord sera scrupuleusement respecté ou s’il cache des ajustements en coulisses, sous le regard vigilant des marchés et des chancelleries.
