Moscou et Pékin renforcent leur alliance avant la visite de Poutine en Chine
Une dynamique croissante d’alliance stratégique
À la veille de la visite officielle de Vladimir Poutine à Pékin, prévue la semaine prochaine, la Russie et la Chine affichent une volonté renouvelée de renforcer leur partenariat dans tous les domaines, de l’économie à la défense, en passant par la diplomatie et les nouvelles technologies.
Ce rapprochement marque un tournant d’ampleur dans l’ordre international, à un moment où les relations de Moscou avec les pays occidentaux sont au plus bas en raison de la guerre en Ukraine et du régime de sanctions.
Selon le Kremlin, la visite de Poutine répond à une invitation personnelle du président Xi Jinping et doit “ouvrir un nouveau chapitre de coopération eurasiatique”.
Les axes clés de la coopération
- Énergie : signature attendue de nouveaux contrats de livraison de gaz et de pétrole russes à la Chine, via les pipelines “Power of Siberia” et “Arctic LNG”.
- Défense et industrie : information sur des exercices militaires conjoints en Extrême-Orient, échanges technologiques dans l’aéronautique et la cybersécurité.
- Innovation : accords sur la 5G, l’intelligence artificielle et la coopération dans les missions spatiales.
D’après les diplomates russes, la Chine serait prête à investir plus de 30 milliards $ en infrastructures, mines et agro-industrie pour soutenir l’économie russe frappée par les sanctions.

Contexte géopolitique et message à l’Occident
Cette alliance, qualifiée de “partenariat sans limite” par Xi Jinping en 2022, vise à rééquilibrer le jeu mondial face à ce que les deux pays définissent comme “l’hégémonie occidentale”.
Les analystes relèvent une intensification de la diplomatie bilatérale : les ministres russe et chinois de la Défense se sont rencontrés trois fois en six mois, et les échanges entre chefs d’état-major se sont multipliés depuis l’entrée de la Chine dans l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).
Les enjeux économiques et régionaux
- Pour la Russie : sécuriser ses débouchés énergétiques, contourner les sanctions, ouvrir la voie à une diversification des partenariats industriels.
- Pour la Chine : garantir sa sécurité énergétique, profiter d’un accès accru aux ressources russes, asseoir son influence sur la scène eurasiatique.
Dans l’orbite de cette alliance, plusieurs pays d’Asie centrale cherchent à s’intégrer “en équilibre” entre Moscou et Pékin.
Limitations et interrogations
Malgré la rhétorique officielle, des points de tension persistent, notamment sur la question du contrôle des investissements et sur le partage d’informations sensibles.
Certains experts estiment que la dépendance croissante de la Russie à l’égard de la Chine pourrait se muer en relation asymétrique à moyen terme, avec une marge de manœuvre réduite pour Moscou.
Conclusion
La visite de Vladimir Poutine à Pékin pourrait redéfinir l’architecture des alliances eurasiatiques pour les années à venir. Face à l’isolement occidental, le tandem Russie-Chine apparaît comme le centre de gravité d’un monde en mutation, dont les conséquences dépasseront largement le cadre régional.
