Suicide d’une directrice d’école à cause du harcèlement à Aurillac, la classe politique réagit en ciblant l’Éducation nationale
Le petit village de Moussages, dans le Cantal, fut frappé le lundi 1er septembre 2025 par un drame qui aura marqué la rentrée scolaire et ému toute la France : Caroline Grandjean, directrice de l’école locale, s’est donné la mort après des mois de harcèlement homophobe répété. À 42 ans, cette enseignante reconnue pour son engagement auprès des élèves et respectée dans la communauté, n’a pas réussi à surmonter le calvaire imposé par des menaces anonymes et des insultes visant son orientation sexuelle.
Le suicide s’est produit le matin même de la rentrée, à Anglards-de-Salers, dans une zone escarpée à quelques kilomètres de l’école. La veille, Caroline avait sollicité le numéro national de prévention du suicide après avoir manifesté un profond désarroi. Malgré l’intervention rapide des gendarmes, ils n’ont pu empêcher le drame. Le décès a été constaté sur place, bouleversant l’ensemble de la communauté éducative et politique locale.
Le parcours de la directrice révèle un enchaînement d’agressions morales et de menaces commencées en décembre 2023, lorsqu’un tag homophobe était découvert à l’école. Caroline Grandjean, mariée à une femme, n’avait jamais évoqué publiquement son orientation mais subissait une hostilité croissante. En plus des insultes, elle reçut des lettres anonymes menaçantes et d’autres inscriptions dégradantes. Malgré plusieurs arrêts maladie et plaintes déposées, l’enquête n’a pas abouti et les auteurs des faits n’ont jamais été identifiés.

La réaction de l’Éducation nationale fut jugée insuffisante : l’institution, informée de la situation et de la détresse de l’enseignante, a proposé un changement d’établissement, qu’elle refusa par attachement à ses élèves. Le ministère a exprimé sa « grande tristesse » tout en annonçant la mobilisation immédiate d’une cellule d’écoute pour le personnel éducatif du département. La rectrice de Clermont-Ferrand va engager une enquête spécialisée Santé et Sécurité pour tirer les leçons de ce drame et formuler des recommandations.
Dans le monde éducatif, la disparition de Caroline Grandjean provoque une prise de conscience sur l’urgence de lutter contre toutes les formes de violences et de discriminations envers les enseignants. Les syndicats SNUipp et UNSA demandent une enquête administrative sur le rôle de l’employeur et dénoncent l’incapacité de l’Éducation nationale à protéger ses personnels. Sur les réseaux sociaux, SOS Homophobie et des collectifs d’enseignants ont parlé de « responsabilités partagées », affirmant que « la lesbophobie tue ».
Du côté des familles, une grande tristesse traverse le village. Les proches de la victime, ses collègues et élèves endeuillés, et des personnalités politiques réclament justice : l’ouverture de nouvelles investigations pourrait permettre d’identifier les auteurs des insultes et, surtout, d’éviter que de tels drames ne se reproduisent. Le ministre de l’Éducation nationale, fortement sollicité dans les médias, promet dès maintenant de renforcer les dispositifs de signalement et d’accompagnement des victimes de harcèlement au sein des établissements.
En conclusion, le suicide de Caroline Grandjean rappelle que la lutte contre le harcèlement et les discriminations demeure une priorité nationale insuffisamment traitée. Ce drame, survenu le jour de la rentrée scolaire, apparaît comme un tournant critique pour la société française et une alerte sur le devoir de protection et de soutien de l’institution envers ses enseignants. Il soulève une exigence de changement, d’écoute, et d’action contre l’intolérance, pour que l’école demeure un lieu de respect et de justice pour tous.
