La Trêve Hivernale 2025-2026 : Le Droit au Logement, Une Promesse à l'Épreuve du Froid et de la Crise.
Le 6 novembre marque, comme chaque année, l'entrée en vigueur de la trêve hivernale 2025-2026. Cette période de cinq mois (jusqu'au 31 mars) suspend les expulsions locatives non exécutées et est censée garantir le droit à un abri pour les plus précaires face au froid. Pourtant, derrière ce bouclier législatif essentiel, la réalité du mal-logement en France révèle les limites de cette mesure, qui n'est qu'un pansement temporaire sur une blessure sociale profonde.
La trêve hivernale est une protection indispensable, mais elle ne résout en rien la crise du logement. Elle reporte simplement le problème, et dès le 1er avril, des milliers de personnes se retrouveront de nouveau sous la menace d'une expulsion. Le nombre d'ordonnances d'expulsion prononcées n'a cessé d'augmenter ces dernières années, témoignant d'une tension accrue sur le marché locatif et d'une précarisation grandissante des locataires.
Le véritable enjeu de ce 6 novembre est l'état du dispositif d'hébergement d'urgence. Face à l'afflux de demandes, les structures sont déjà saturées. Les associations d'aide aux sans-abri dénoncent un manque criant de places d'hébergement durables et l'obligation de recourir à des solutions d'urgence coûteuses et indignes (hôtels, gymnases temporaires). La crise du logement social, le blocage des permis de construire et le désengagement progressif de l'État dans le financement des Aides Personnalisées au Logement (APL) créent un entonnoir de la misère.

La France est en contradiction avec son propre "droit au logement opposable" (DALO). Des milliers de personnes reconnues prioritaires par les tribunaux n'ont toujours pas de solution pérenne, témoignant de l'incapacité de l'État à honorer ses obligations. La trêve, loin d'être une victoire sociale, est en réalité le symbole de cet échec systémique.
Les efforts du gouvernement pour augmenter le nombre de places d'hébergement sont jugés insuffisants. Les associations réclament non pas plus de lits d'urgence, mais une politique ambitieuse de production de logements sociaux et un meilleur accompagnement des locataires en difficulté pour prévenir les impayés.
Pour Omondo, la trêve hivernale 2025-2026 est une fenêtre de lucidité sur l'état social du pays. Elle rappelle que la solidarité nationale est à l'épreuve du froid et des chiffres. Le droit au logement est une promesse constitutionnelle qui se heurte, chaque hiver, à la dureté des faits. La période qui s'ouvre doit être mise à profit pour planifier la sortie de crise du 1er avril, non pas par de nouvelles expulsions, mais par la création massive de solutions d'hébergement et de logements décents.
