Effondrements d’immeubles à Marseille et à Lille – Crise du logement ou crise de la gouvernance ?
Introduction
Les récents effondrements d’immeubles à Marseille et à Lille ont choqué l’opinion publique et mis en lumière la fragilité du parc immobilier français. Au-delà du drame humain, ces accidents interrogent sur la crise du logement, la vétusté des bâtiments et la responsabilité des pouvoirs publics. S’agit-il d’une crise purement immobilière ou d’un symptôme plus profond d’une gouvernance urbaine en difficulté ? Omondo propose une analyse critique de ces événements et des enjeux qu’ils révèlent.
Les faits : deux drames, une même alerte
À Marseille, en avril 2025, l’effondrement d’un immeuble du centre-ville a causé la mort de sept personnes et fait une vingtaine de blessés. Quelques semaines plus tard, à Lille, un immeuble ancien s’est écroulé, provoquant la mort de trois habitants et l’évacuation de tout un quartier. Dans les deux cas, les premiers éléments d’enquête pointent la vétusté du bâti, le manque d’entretien et l’alerte insuffisante des autorités.
Un parc immobilier vieillissant et sous tension
La France compte plus de 5 millions de logements construits avant 1949, dont une grande partie dans les centres-villes populaires. La pression foncière, la spéculation immobilière et la paupérisation de certains quartiers accentuent la dégradation du bâti. Les propriétaires, souvent modestes, peinent à financer les travaux nécessaires, tandis que les dispositifs publics restent insuffisants.
Gouvernance urbaine : entre inertie et impuissance
Les mairies, les agences d’urbanisme et les services de l’État se renvoient souvent la balle. Les procédures de péril imminent sont longues, coûteuses et parfois bloquées par des recours. La rénovation urbaine, bien que prioritaire dans les discours, avance lentement sur le terrain.
À Marseille, la catastrophe de la rue d’Aubagne en 2018 avait déjà provoqué un électrochoc, mais les moyens alloués à la rénovation restent en deçà des besoins. À Lille, la multiplication des signalements n’a pas permis d’éviter le drame.

Crise du logement : un problème structurel
La pénurie de logements abordables, la hausse des loyers et la précarité énergétique aggravent la situation. Les politiques publiques peinent à répondre à la demande, notamment pour les jeunes, les familles monoparentales et les personnes âgées. Le logement social, pourtant crucial, souffre d’un manque d’investissement chronique.
Quelles solutions pour prévenir de nouveaux drames ?
Renforcer les contrôles et l’entretien : audit systématique des immeubles anciens, sanctions contre les propriétaires négligents, aides à la rénovation.
Réformer la gouvernance urbaine : clarifier les compétences, accélérer les procédures de péril, associer les habitants aux décisions.
Investir dans le logement social et la rénovation : plan national d’investissement, mobilisation des fonds européens, soutien aux copropriétés dégradées.
Lutter contre la spéculation et la vacance : taxation des logements vacants, encadrement des loyers, préemption par les collectivités.
Conclusion
Les effondrements d’immeubles à Marseille et à Lille sont le symptôme d’une crise profonde du logement et de la gouvernance urbaine en France. Seule une mobilisation collective, conjuguant investissement public, responsabilité privée et innovation sociale, permettra d’éviter de nouveaux drames. Omondo continuera d’explorer ces questions, fidèle à sa vocation d’analyse intellectuelle et citoyenne.
