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Trump, Powell et la Fed : feuilleton sur fond de politique monétaire

Trump, Powell et la Fed : feuilleton sur fond de politique monétaire

Le soupçon règne sur la planète financière : Donald Trump, candidat à sa propre succession à la Maison Blanche, souffle le chaud et le froid quant au destin du président de la Fed, Jerome Powell. Mercredi soir, au détour d’une déclaration aussi cinglante qu’ambiguë — « Je pense qu’il fait du mauvais boulot, mais je ne parle pas de le virer » —, l’ancien président américain a relancé le feuilleton de l’indépendance monétaire, fragilisant encore la confiance des marchés et l’équilibre délicat du dollar.

Un duel personnel et institutionnel

Jerome Powell, figure rassurante de la Réserve fédérale américaine depuis 2018, se retrouve une nouvelle fois dans la ligne de mire. Les reproches de Trump, bien que flous, visent selon ses conseillers la gestion “trop prudente” des taux d’intérêt et la communication jugée « trop alarmiste » sur l’inflation persistante. Powell réplique en rappelant le devoir sacré de la Fed : isoler les décisions monétaires de la tactique politique, garantir la stabilité des prix et la santé du marché du travail.

La presse économique française et européenne dissèque cet échange feutré. Pour nombre d’économistes parisiens, il est symptomatique d’une époque où la frontière entre sphère politique et gouvernance technocratique s’estompe : « Il en va de la crédibilité du système – et donc en bout de chaîne de la stabilité mondiale », estime un éditorialiste du Monde.

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Les marchés pris en otage

Wall Street, les banques européennes, les cabinets de gestion d’actifs vivent cette séquence comme un test de résilience : chaque rumeur de limogeage provoque des ventes à la découverte, un renversement de tendance sur l’euro-dollar et une nouvelle spéculation sur les taux. “Le feuilleton Powell”, titre la presse anglo-saxonne, a un coût immédiat : incertitude, volatilité accrue, sentiment de défiance envers la politique américaine à 6 mois d’une échéance présidentielle décisive.

La Fed à l’épreuve de la pression présidentielle

Si la Banque centrale européenne est vue à Paris comme le parangon technique de la gouvernance monétaire, la Fed apparaît de plus en plus fragile, tiraillée entre exigence de neutralité, pression médiatique et volonté de « main sur la bride » du pouvoir. Les experts d’Omics et de l’OFCE soulignent un risque : celui de voir les institutions américaines s’aligner sur la pratique d’autres pays où la banque centrale devient l’outil d’une politique de relance sans limites… ou d’un interventionnisme risqué.

La question de l’indépendance monétaire à l’ère du soupçon

Derrière le show Trump-Powell se joue, en creux, l’avenir du dollar comme socle du système international. Paris, Berlin, Londres observent avec angoisse un possible schisme « à la turque », où l’orthodoxie monétaire finit par céder à la pression gouvernementale.

La défiance née de ce duel personnel rejaillit sur Bruxelles, où la tentation d’accélérer la dédollarisation – notamment pour les échanges énergétiques et les investissements stratégiques européens – ressurgit.

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