François Bayrou fustige les « solutions de facilité » visant les riches et les immigrés, à quelques heures de sa chute
Chapeau :
Quelques heures seulement avant la chute de son gouvernement, François Bayrou a livré un plaidoyer solennel devant l’Assemblée. Face à la tentation de certains groupes d’opposition de faire « payer les riches ou les immigrés », l’ancien Premier ministre a mis en garde contre des « solutions paresseuses » incapables de résoudre en profondeur les problèmes structurels de la France.
Ce discours d’adieu sonnait déjà comme une postface pour l’histoire politique récente.
Développement :
Le 8 septembre 2025 restera comme une date charnière pour la Ve République. Mais avant sa défaite lors du vote de confiance, François Bayrou a tenté une dernière fois de rassembler l’hémicycle autour de sa vision d’une France solidaire et responsable. Fustigeant la facilité de certains slogans, il a dénoncé la stigmatisation des plus fortunés et des populations immigrées comme des « poupées vaudoues dans lesquelles on plante des aiguilles pour les atteindre, au portefeuille ».

Pour l’ancien Premier ministre, croire que surtaxer les hauts revenus ou restreindre plus encore l’immigration suffirait à sauver les finances publiques et à restaurer la cohésion nationale relève de la « pensée magique ». Bayrou a insisté sur la nécessité d’un effort collectif, dépassant les clivages traditionnels, et s’est élevé contre la « facilité populiste » qui envahit les débats publics. Il accusait ainsi la gauche radicale de se bercer d’illusions fiscales, tandis que la droite ne croit qu’à la réduction drastique de l’État-providence.
Son intervention a visé à rappeler la responsabilité historique de chaque député : « Si l’Assemblée ne veut pas voter la confiance, qu’elle prenne au moins la mesure de la gravité de la situation ». Dans la salle, le malaise était palpable. Les groupes parlementaires de la NFP, des Républicains et du RN ont finalement ignoré ses mises en garde et précipité sa chute.
En filigrane, Bayrou a souligné la fracture grandissante entre les élites et les classes populaires, attendant des réponses concrètes sur le pouvoir d’achat, le déficit et l’avenir des retraites. Son plaidoyer pour une réforme tous azimuts, alliant fiscalité équitable et soutien aux plus vulnérables, n’a pas suffi à inverser le cours de l’histoire.
En quittant la tribune, Bayrou laisse une France toujours en proie au doute et à la recherche d’un cap clair pour dépasser les « solutions de facilité » – défi que devront bientôt relever son successeur et la prochaine majorité.
