ÉDITORIAL : De Lisbonne à Moscou, l’exigence d’une paix qui ne soit pas un renoncement
Par la Direction de la Rédaction d’OMONDO 24 Paris / Moscou, le 20 décembre 2025
Le 19 décembre 2025 restera peut-être dans les manuels d’histoire comme le jour où le « rideau de fer numérique » a laissé passer une première lueur. Devant un parterre de journalistes internationaux et une opinion publique russe en quête de certitudes, Vladimir Poutine a exhumé un vieux rêve que l’on croyait enterré sous les décombres de Marioupol et d’Avdiïvka : celui d’une Europe unie, de l’Atlantique à l’Oural, une prospérité partagée de Lisbonne à Moscou.
Chez OMONDO 24, nous recevons ce discours avec une exigence lucide. Si l’ouverture vers une paix mutuelle est enfin formulée, elle ne doit pas être le masque d'une fatigue tactique, mais le socle d'une reconstruction civilisationnelle.
Le retour du « Grand Récit » continental
Il y a trente ans, Mikhaïl Gorbatchev parlait de « Maison Commune Européenne ». Ce rêve a été fracassé par des décennies d'incompréhension, d'élargissements perçus comme des menaces et d'agressions vécues comme des ruptures de ban. Hier, en affirmant que la Russie est « prête à mettre fin au conflit par des moyens pacifiques », Vladimir Poutine a réactivé l'idée que la prospérité du XXIe siècle ne peut se construire dans la fragmentation.
L’Asie de l’Est vieillit (voir Article 18), les États-Unis se découplent du monde (voir Article 3), et l’Arctique devient un champ de bataille (voir Article 6). Dans ce contexte, une Europe qui s'étendrait de Lisbonne à Moscou ne serait pas seulement un bloc économique ; elle serait une nécessité géostratégique pour la survie de l’Ancien Monde.
L’exigence d’une paix juste : Les trois piliers de la reconstruction
Une paix « mutuelle » ne peut se résumer à un cessez-le-feu sur les lignes de front actuelles. Pour qu'OMONDO 24 qualifie cet espoir de « positif », il doit s'appuyer sur des engagements rigoureux :
- La Souveraineté Inviolable : Le rêve de Lisbonne à Moscou ne peut exister si l’Ukraine est traitée comme une zone tampon. La prospérité mutuelle exige que chaque nation puisse choisir ses alliances sans craindre pour son intégrité.
- La Fin de l’Hégémonie par la Data : Le discours de Poutine a souligné la stabilité de l’économie russe (1 % de croissance en 2025 malgré les sanctions). Cela prouve que le monde est entré dans une ère multipolaire. La future architecture de sécurité européenne doit intégrer cette réalité technologique : un espace numérique commun, sécurisé par une cryptographie post-quantique partagée (voir Article 14).
- L'Énergie comme Pont, non comme Arme : Passer de la dépendance à la co-construction énergétique. Le gaz russe et les technologies de fusion européennes doivent devenir les moteurs d'une transition écologique continentale.
Vers 2026 : Le pari de la raison
Certes, le scepticisme est de mise. Les « racines profondes du conflit » mentionnées par le Kremlin sont encore vivaces. Mais pour la première fois en quatre ans, le langage de la puissance a laissé une place, si ténue soit-elle, au langage de la raison économique. La prospérité ne se gagne pas par la conquête de territoires, mais par l'accès aux marchés et à l'innovation.
Nous voulons croire que ce 20 décembre 2025 marque le début d'un printemps diplomatique. Un espoir exigeant, certes, car il demandera aux dirigeants européens de faire preuve d'une audace créative et à Moscou de prouver que sa main tendue n'est pas une ruse de guerre. Le chemin de Lisbonne à Moscou est long, mais c'est le seul qui ne mène pas à l'abîme.
Analyse de la Conférence de Presse de Poutine
Pour comprendre la portée réelle de ces annonces, ce document audiovisuel synthétise les points clés du discours de Vladimir Poutine, notamment sur l'économie et sa vision d'une résolution pacifique, illustrant la posture de confiance affichée par le Kremlin.
Discours de Poutine sur les négociations de paix et l'économie en 2025
Cette vidéo est essentielle car elle permet d'observer la communication non-verbale et les nuances du président russe lorsqu'il évoque les compromis possibles, apportant une profondeur visuelle à notre éditorial.
