Vaccination des femmes enceintes : l’Académie de médecine tire la sonnette d’alarme
Une couverture vaccinale insuffisante en France
L’Académie nationale de médecine a publié, ce 22 mai 2025, une alerte solennelle sur la faible couverture vaccinale des femmes enceintes en France. Selon les données les plus récentes, moins de 40 % des futures mères reçoivent les vaccins recommandés contre la grippe, la coqueluche et d’autres maladies respiratoires, exposant à la fois les femmes et leurs nouveau-nés à des risques évitables. Ce constat préoccupant intervient alors que plusieurs études internationales confirment l’importance de la vaccination pendant la grossesse pour protéger la santé maternelle et infantile.
Les risques liés à l’absence de vaccination
Les maladies respiratoires comme la grippe ou la coqueluche peuvent avoir des conséquences graves chez la femme enceinte : complications pulmonaires, hospitalisation, accouchement prématuré, voire décès dans les cas les plus sévères. Pour les nourrissons, la période qui suit la naissance est particulièrement critique, car leur système immunitaire est encore immature. La vaccination maternelle permet de transmettre des anticorps protecteurs au fœtus, réduisant ainsi le risque d’infection au cours des premiers mois de vie.
L’Académie de médecine rappelle que la France accuse un retard par rapport à d’autres pays européens, où la couverture vaccinale des femmes enceintes dépasse souvent 60 %. Les experts insistent sur le fait que la vaccination ne présente aucun danger pour la mère ou l’enfant, et qu’elle constitue un geste simple et efficace pour prévenir des drames évitables.

Les freins à la vaccination : désinformation et manque d’information
Parmi les principales causes du faible taux de vaccination figurent la désinformation, les peurs infondées sur la sécurité des vaccins et le manque d’information claire de la part des professionnels de santé. Les réseaux sociaux, en propageant de fausses informations, contribuent à la méfiance des patientes. Par ailleurs, certains médecins hésitent encore à recommander systématiquement la vaccination, par crainte de réactions négatives ou par manque de formation sur le sujet.
L’Académie de médecine appelle à une mobilisation générale : renforcement de la formation des professionnels, campagnes d’information ciblées, implication des sages-femmes et des gynécologues, et meilleure accessibilité des vaccins dans les maternités et les cabinets médicaux.
Les recommandations de l’Académie de médecine
Dans son rapport, l’Académie propose une feuille de route ambitieuse pour améliorer la couverture vaccinale :
Rendre obligatoire l’information sur la vaccination lors des consultations prénatales.
Former systématiquement les professionnels de santé à la communication sur les vaccins.
Développer des outils pédagogiques adaptés aux femmes enceintes.
Faciliter l’accès aux vaccins dans tous les lieux de suivi de grossesse.
Lutter activement contre la désinformation sur les réseaux sociaux.
L’objectif affiché est de dépasser 70 % de couverture vaccinale chez les femmes enceintes d’ici trois ans, afin de rejoindre les standards des pays les plus avancés.
Un enjeu de santé publique majeur
La vaccination des femmes enceintes ne concerne pas seulement la santé individuelle, mais aussi la santé publique. En réduisant la circulation des virus responsables de maladies graves, elle protège l’ensemble de la population, y compris les personnes fragiles et les nourrissons trop jeunes pour être vaccinés. L’Académie de médecine insiste sur la responsabilité collective et la nécessité d’une politique volontariste pour éviter de nouveaux drames.
Conclusion : une urgence à agir
Face à la résurgence de certaines maladies évitables et à la persistance de la désinformation, l’alerte de l’Académie de médecine doit être entendue. Les femmes enceintes, leurs familles et les professionnels de santé sont invités à s’informer, à dialoguer et à agir pour garantir la meilleure protection possible aux générations futures.
