Omondo Dossier Social 2 : Déserts Médicaux et Urgences saturées – Le système de santé français à l’heure de la "Médecine de Guerre"
La fin du libre accès aux soins ?
Le 27 janvier 2026, la carte de France de la santé ressemble à une peau de chagrin. Ce que l'on appelait autrefois des "déserts médicaux" ruraux a désormais gagné les centres-villes et les banlieues résidentielles. Plus de 8 millions de Français vivent aujourd'hui sans médecin traitant. La promesse du "numerus apertus" (la fin de la limitation du nombre d'étudiants en médecine) n'a pas encore produit ses effets, car former un généraliste prend dix ans. En attendant, c'est la "médecine de débrouille" qui s'installe.
Les Urgences : Le dernier rempart qui s'écroule
Faute de pouvoir consulter un généraliste, les patients se ruent vers les urgences hospitalières pour des pathologies bénignes. Le résultat est catastrophique : des temps d'attente dépassant les 24 heures et un personnel soignant à bout de souffle qui démissionne en masse. En 2026, de nombreux hôpitaux de province ont instauré un système de "régulation préalable" : on ne peut plus franchir la porte des urgences sans avoir appelé le 15, qui fait office de tri sélectif.
La Télémédecine : Remède miracle ou médecine au rabais ?
Pour pallier la pénurie, le gouvernement pousse massivement la télémédecine et les cabines de consultation connectées dans les mairies. Si cette technologie sauve des vies dans les zones isolées, elle crée une médecine à deux vitesses. D'un côté, ceux qui ont les moyens de consulter des spécialistes en honoraires libres dans les grandes métropoles ; de l'autre, ceux qui n'ont accès qu'à un écran et à des diagnostics à distance, souvent dépourvus de tout examen physique.

Vers une obligation d'installation pour les jeunes diplômés ?
Le débat politique s'envenime à l'Assemblée Nationale. Face à l'urgence, plusieurs groupes parlementaires réclament une mesure radicale : l'obligation pour les jeunes médecins de s'installer pendant trois ans dans une zone sous-dotée à la fin de leurs études. La profession s'insurge, dénonçant une entrave à la liberté d'exercice, mais l'opinion publique, excédée, semble de plus en plus favorable à une mesure d'autorité pour sauver le service public de santé.
